Kevin Warsh s’apprête à prononcer vendredi son premier discours à Jackson Hole en tant que président de la Réserve fédérale, au moment où les marchés européens progressent légèrement et où les investisseurs attendent des éclaircissements sur la trajectoire des taux et la stratégie de communication de l’institution américaine.
Les Bourses européennes s’orientent vers une ouverture en légère hausse ce vendredi, les investisseurs guettant l’intervention de Kevin Warsh au symposium économique annuel de la Fed de Kansas City, dans le Wyoming. Ce rebond technique intervient après une séance difficile à Paris, marquée par un repli de 1,68% de l’indice parisien sous la pression du secteur bancaire et des inquiétudes persistantes autour du débat budgétaire en France.
Ce rendez-vous de fin d’été constitue la première participation de Kevin Warsh à Jackson Hole en qualité de président de la Réserve fédérale. Les acteurs de marché cherchent à comprendre comment la banque centrale articule ses décisions face à une inflation qui dépasse l’objectif de 2% fixé par l’institution depuis plus de cinq ans. D’après une enquête spéciale menée par CNBC auprès de 31 économistes, stratégistes et investisseurs, 80% des répondants souhaitent que le dirigeant détaille sa lecture de l’économie, bien que les avis soient partagés sur l’opportunité d’aborder directement la trajectoire des taux.

Depuis son accession à la tête de la Fed en mai, Kevin Warsh a pris ses distances avec l’utilisation intensive de la forward guidance
pratiquée par ses prédécesseurs pour baliser les conditions financières.
De leur côté, les analystes de Goldman Sachs estiment qu’il est peu probable que le président de la Fed fournisse des indications précises sur la trajectoire future de la politique monétaire, comme le relaye Boursorama. La banque d’affaires new-yorkaise anticipe néanmoins que Kevin Warsh réaffirmera l’attachement de l’institution à la cible d’inflation de 2% et partagera ses réflexions sur les gains de productivité et les chocs économiques mondiaux.

En Europe, la conjoncture politique et budgétaire française continue de peser sur le moral des investisseurs à l’approche de la décision de l’agence de notation Fitch concernant la note de crédit souverain. L’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale et la perspective de l’élection présidentielle de 2027 alimentent l’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes.
Sur le front international, les marchés asiatiques ont bénéficié de la dynamique positive insufflée par Wall Street la veille. La Bourse de New York a clôturé dans le vert grâce aux performances solides de Nvidia, dont le titre a progressé de près de 9% à la suite de prévisions trimestrielles optimistes. À Tokyo, l’indice Nikkei a gagné 0,55%, tempéré toutefois par l’accélération de l’inflation sous-jacente annuelle à 1,8% en août, un niveau qui conforte les anticipations d’un durcissement monétaire par la Banque du Japon.
Le marché pétrolier accuse quant à lui un net repli sur la semaine, pénalisé par la persistance des blocages géopolitiques dans le détroit d’Ormuz, où les flux de pétroliers restent lourdement entravés six mois après le début du conflit au Moyen-Orient. Le baril de Brent s’échange en baisse de 0,37% à 89,37 dollars, tandis que le brut léger américain WTI recule de 0,3% à 83,28 dollars, portant ses pertes hebdomadaires à environ 4,5% selon les analyses financières publiées ce matin.
Sur le marché obligataire américain, le rendement des Treasuries à dix ans progresse légèrement de 1 point de base pour s’établir à 4,6822%, tandis que le taux à deux ans demeure stable à 4,2340% dans l’attente du discours prononcé depuis le Wyoming.
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