La mission de sauvetage du télescope spatial Swift de la NASA, lancée en juillet 2026 avec le vaisseau LINK de Katalyst Space, a échoué à rehausser l’orbite de l’observatoire après une défaillance de contrôle d’attitude.
Une mission ambitieuse écourtée par des difficultés de contrôle en orbite
Le télescope spatial Neil Gehrels Swift, lancé en novembre 2004 pour étudier les sursauts gamma, fait face à une fin de vie imminente. Alors que son orbite subit une décadence accentuée par l’activité solaire récente, la NASA avait confié à l’entreprise Katalyst Space un contrat pour concevoir, tester et lancer en un an une mission de sauvetage robotique. Le vaisseau LINK s’est ainsi envolé le 3 juillet 2026 à bord d’une fusée Northrop Grumman Pegasus XL depuis les installations de la société Northrop Grumman, selon les précisions fournies par l’agence.
Cependant, de sérieux problèmes de contrôle d’orientation sont apparus peu de temps après le lancement. Face à cette situation, les agences ont acté l’abandon de la capture et du rehaussement d’altitude de Swift. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a souligné la nature audacieuse de cette tentative dans une déclaration officielle : NASA devrait être prête à bouger rapidement et à prendre des risques intelligents lorsque le rendement potentiel en vaut la peine, et c’est exactement ce que nous avons fait avec cette mission.
La reprise des observations scientifiques en vue d’une rentrée atmosphérique
Malgré l’abandon de la manœuvre de sauvetage, le vaisseau LINK tentera tout de même de s’approcher du télescope pour mener des opérations de proximité et tester des technologies d’entretien en orbite. De son côté, l’équipe de mission a réactivé les instruments de l’observatoire. Les télescopes ultraviolet/optique et à rayons X ont été remis en marche le 26 août 2026 après avoir été éteints en février pour réduire la traînée atmosphérique et prolonger la durée de vie du satellite.
Les prévisions de la NASA indiquaient initialement que les opérations à basse traînée maintiendraient le télescope au-dessus de 185 miles (300 kilomètres) jusqu’en octobre. Avec la reprise des données scientifiques, le satellite devrait atteindre ce seuil critique dans les un à deux mois à venir, avant une rentrée atmosphérique non contrôlée probable d’ici la fin de l’année 2026.
Bien que le satellite ne soit pas sauvé, les responsables estiment que le projet a atteint une grande partie de ses objectifs d’innovation industrielle. Katalyst Space a confirmé que la collecte de données en orbite jouera un rôle déterminant pour les futures missions d’entretien de satellites, plaçant la robotique spatiale sur le devant de la scène mondiale grâce à un cycle de développement exceptionnellement court.
Bilan technologique et perspectives pour l’industrie spatiale américaine
Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique au siège de la NASA, a rappelé qu’il s’agissait dès le départ d’un pari à haut risque. L’agence s’appuiera désormais sur d’autres missions existantes pour combler le vide scientifique que laissera la disparition de Swift, tout en explorant de nouvelles méthodes pour réagir rapidement aux phénomènes transitoires de l’univers.
