La NASA et SpaceX préparent le lancement du télescope spatial Nancy Grace Roman pour le dimanche 30 août, depuis le complexe de lancement 39A en Floride. Cette mission d’exploration de l’énergie noire s’appuie sur une fusée Falcon Heavy.
Le télescope spatial Nancy Grace Roman s’apprête à quitter la Terre pour mener une mission d’exploration axée sur les plus grands mystères de l’univers, selon les informations communiquées par la NASA. La fenêtre de tir est fixée au plus tôt à 7 h 26, heure avancée de l’Est, le dimanche 30 août. Le décollage doit s’effectuer à bord d’un lanceur SpaceX Falcon Heavy depuis le complexe de lancement 39A, situé au Centre spatial Kennedy en Floride.
Calendrier des briefings et des opérations de lancement en Floride
La couverture médiatique et institutionnelle débutera la veille du lancement, le samedi 29 août, avec un premier point scientifique consacré à la mission Roman dans l’auditorium du centre de presse de Kennedy, à 9 h.
Ce premier briefing technique réunira des responsables de premier plan, dont Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d’astrophysique au siège de la NASA, Julie McEnery, scientifique principale du projet au Goddard Space Flight Center, Vanessa Bailey, spécialiste de l’instrument coronographe au Jet Propulsion Laboratory, ainsi que Kristen McQuinn, responsable du centre des opérations scientifiques au Space Telescope Science Institute, et Lee Armus, responsable du centre de support scientifique à Caltech/IPAC.
Une conférence de presse pré-lancement se tiendra ensuite à 10 h 30 au même endroit, avec des interventions de Nicky Fox, administratrice associée pour la direction des missions scientifiques de la NASA, Lucas Paganini, cadre du programme Roman, Jackie Townsend, cheffe de projet, Denton Gibson, directeur du lancement pour les services de lancement de la NASA, Julianna Scheiman de SpaceX, et Justin McReynolds, officier météorologique de la 45e escadre spatiale de la U.S. Space Force.
Le déroulement pré-lancement prévoit en outre un passage en vol de l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, à bord de son réacteur au-dessus du pas de tir transportant le télescope et la fusée Falcon Heavy, à 11 h 45, sous réserve des conditions météorologiques et des impératifs opérationnels. Des entretiens avec les responsables et les partenaires industriels, notamment des représentants de L3Harris Technologies et de BAE Systems, se tiendront dans la foulée au centre de presse.
Les objectifs scientifiques et la trajectoire vers le point de Lagrange L2
Nommé en l’honneur de Nancy Grace Roman, la première femme à occuper un poste de direction exécutive au sein de l’agence et sa première astronome en chef, cet observatoire de nouvelle génération associe une vision infrarouge d’une grande netteté à un champ de vision cent fois plus étendu que celui du télescope spatial Hubble, d’après les précisions publiées par Space. La mission vise à sonder l’énergie noire et la matière noire, à recenser des exoplanètes, à cartographier des milliards de galaxies et à analyser des trous noirs.
Après sa séparation d’avec le lanceur, le télescope Roman entreprendra un voyage vers le deuxième point de Lagrange Soleil-Terre, désigné sous le sigle L2, situé à environ un million de miles de la Terre. La durée de vie nominale de la mission est fixée à cinq ans, avec un objectif d’exploitation pouvant atteindre dix ans, et l’ensemble des données scientifiques recueillies sera rendu public après traitement.
L’héritage de la pionnière surnommée la mère de Hubble
Le choix du nom de l’observatoire rend hommage à une scientifique qui a structuré l’astronomie spatiale moderne dès la création de l’agence américaine. Nancy Grace Roman, née le 16 mai 1925 d’un père géophysicien et d’une mère professeur de musique, a très tôt développé un attrait pour l’observation du ciel nocturne.
Je taquine ma mère en l’accusant de m’avoir intéressée à l’astronomie, car je me souviens qu’au Michigan, elle avait l’habitude de m’emmener dehors la nuit pour me montrer les constellations, les aurores et des choses de ce genre. Mais elle me montrait aussi les oiseaux, les arbres, les animaux, les plantes et ce genre de choses, donc il n’y avait pas que l’astronomie. Nancy Grace Roman, dans un entretien avec David DeVorkin en 1980

Après avoir fondé un club d’astronomie dès l’âge de 11 ans et suivi un cursus universitaire au Swarthmore College puis à l’Université de Chicago, où elle a intégré le personnel académique de l’observatoire Yerkes comme première femme, elle a poursuivi ses recherches au Naval Research Laboratory avant de rejoindre la structure naissante de la NASA en 1959.
L’idée d’arriver avec une ardoise complètement blanche pour mettre en place un programme qui, selon moi, allait probablement influencer l’astronomie pendant 50 ans était tout simplement un défi que je ne pouvais pas refuser. Nancy Grace Roman, citée dans des archives historiques de l’agence
En posant les bases des programmes d’astronomie spatiale et en favorisant la concrétisation de projets d’envergure tels que le télescope Hubble, Roman a profondément marqué l’histoire de l’exploration spatiale, ouvrant la voie au télescope qui s’apprête à décoller depuis les installations du Centre spatial Kennedy.