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Genève : La Droite Réclame l’Expulsion des Communautés Roms des Rues

À Genève, la rentrée est marquée par un déferlement médiatique et un débat politique intense autour de la visibilité des communautés roms, désignées en creux par la droite et dont…

Genève : La Droite Réclame l'Expulsion des Communautés Roms des Rues

À Genève, la rentrée est marquée par un déferlement médiatique et un débat politique intense autour de la visibilité des communautés roms, désignées en creux par la droite et dont la présence au ras du bitume est focalisée dans l’espace public. Alors que la droite cible l’occupation des rues et réclame des mesures d’expulsion ainsi que le démantèlement de réseaux organisés de mendiant·es, les professionnels du terrain démentent ces structures et dénoncent une politique de précarisation qui détruit les lits de fortune sans offrir de solutions pérennes.

Les camps roms dans le débat politique à Genève

Depuis la rentrée, l’actualité genevoise est rythmée par un déferlement médiatique qui s’abat sur les communautés roms, désignées en creux par la droite. L’attention politique est focalisée sur l’espace que ces communautés et familles occupent dans la ville, au ras du bitume. Les regards se braquent sur les dortoirs à ciel ouvert, comme si l’on découvrait leur existence, tout en voulant l’effacer aussi vite à grands coups de débarrassages d’encombrants. On avait trop souvent l’habitude de détourner le regard, éviter de croiser celui de celles et ceux qui réclament une pièce, mais voilà que leur présence est devenue un enjeu de propreté publique. Qu’importe si ces campements sont le refuge de familles, enfants compris, seul le matériel compte. Il s’agit de débarrasser les matelas, les couvertures, tout ce qui crie que la misère existe dans les rues de Genève, et de le faire en houspillant ces pauvres qui n’ont même pas la décence d’être invisibles.

Pour le compte du politiquement correct, la droite dénonce des réseaux organisés de mendiant·es qu’il s’agirait de démanteler. Mais quand bien même ces structures existeraient – ce que les professionnel·les sur le terrain démentent –, à quoi sert la destruction systématique de ces lits de fortune, si ce n’est entretenir la vulnérabilité, terreau propice à l’exploitation et la traite d’êtres humains? La droite veut bien couper dans les programmes d’aide sociale, serrer la ceinture des prestations publiques, mais ne veut pas voir les laissé·es pour compte de sa politique de nanti·es. Mieux, elle aimerait renvoyer dans leur pays d’origine ces personnes sous couvert de préjugés racistes et essentialisants, car rien, ou si peu, n’est fait ici pour offrir une chance à l’insertion sociale. La priorité pour les communautés roms, dont certaines familles vivent à Genève depuis des dizaines d’années, est de réfléchir à des solutions de logement pérennes, prémisse incontournable à un accès au marché du travail pour les adultes, dépourvu·es ni de compétences ni d’envie, et socle d’une scolarisation fructueuse pour les enfants qui, tout le monde s’accorde à le dire, n’ont rien à faire dans la rue.

L’impasse des mesures d’invisibilisation face à la précarité

Les réponses simplistes que la droite genevoise ne cesse de vouloir opposer à la réalité complexe des communautés roms montrent leurs limites. Après l’interdiction de la mendicité – taclée sur le principe par la Cour européenne des droits de l’homme et tancée dans son application par le Tribunal fédéral –, voilà venue l’invisibilisation en règle. La droite ferait mieux de regarder en face les conséquences de son manque d’humanité.

Le miroir de la misère dans la culture et la chanson

Je veux pleurer comme Soraya tire son titre de Soraya Esfandiari, seconde épouse du Shah d’Iran dans les années 1950. Répudiée pour stérilité, cette ancienne impératrice a vécu en exil à Paris jusqu’à sa mort en 2001. Mais Marie-Paule Belle ne s’attarde pas sur ce destin tragique. L’artiste utilise cette figure emblématique pour explorer d'autres genres de malheurs et développer un système de comparaisons saisissant entre deux mondes : Modestie, élégance, usine, magazine, la soupe, la soie. La chanson devient ainsi un miroir tendu entre misère dorée et misère noire.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.