Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal a annoncé une grève totale de 48 heures les 8 et 9 septembre 2026. L’organisation proteste contre l’absence de réponses des autorités face à sa plateforme revendicative déposée en 2023, tout en maintenant les urgences et le service minimum.
La décision du SAMES et le calendrier de la grève
Le secteur public de la santé s’apprête à traverser une période de fortes tensions. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a officialisé son passage à l’action lors d’un point de presse tenu à Dakar. Le secrétaire général national, le Dr Diabel Dramé, a estimé que le préavis de grève, arrivé à échéance le 9 août dernier, n’avait reçu aucune réponse satisfaisante de la part des autorités.
Après avoir accordé une période de grâce aux nouvelles autorités et participé aux discussions autour du pacte de stabilité sociale, le syndicat juge le temps écoulé.
Nous avons donné du temps. Ce temps est écoulé.
Dr Diabel Dramé, Secrétaire général national du SAMES, via Seneweb
Le calendrier de la mobilisation prévoit une réunion extraordinaire du comité exécutif national, suivie d’assemblées générales et d’actions de sensibilisation dans les différentes sections. Les journées de grève totale de 48 heures se dérouleront les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2026. Durant ces journées, les professionnels porteront un brassard rouge, tandis que les urgences et le service minimum seront assurés. Une évaluation de la mobilisation est programmée dès le 10 septembre.
Les revendications fondamentales et le statut du corps médical
Au-delà des aspects purement salariaux, la plateforme revendicative portée par l’organisation syndicale englobe des réformes structurelles profondes pour le personnel soignant. Le Dr Ibrahima Sow, chargé de la presse et de l’information du bureau exécutif national, a détaillé un ensemble de points jugés prioritaires pour la profession.
Les praticiens réclament l’élaboration d’un statut particulier pour le corps médical, le recrutement obligatoire des diplômés destinés au secteur public et un relèvement à 40 ans de l’âge de la titularisation. Le syndicat exige également l’avancement systématique dans la fonction publique ainsi qu’une revalorisation des pensions de retraite à hauteur de 80 % du dernier salaire. Parmi les autres points de tension figurent l’intégration des contractuels en zones difficiles, la prise en compte de leurs années de service et la clarification des plans de carrière.
Parallèlement, les représentants de la profession dénoncent un paradoxe préoccupant au sein du système national : le pays fait face à un déficit de ressources humaines dans les structures sanitaires alors que de nombreux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes formés demeurent au chômage.
Infrastructures sanitaires et tensions financières à Ziguinchor
Les revendications du SAMES rejoignent des préoccupations plus larges concernant l’état des plateaux techniques hospitaliers à travers le pays. Le syndicat exige l’accélération de la réforme de la carte sanitaire, incluant l’implantation d’un établissement public de santé de niveau 2 dans chaque département et la dotation d’équipements lourds, tels que des scanners et des appareils d’imagerie par résonance magnétique, dans chaque région. S’y ajoutent la fourniture d’ambulages adaptées, la mise en place de laboratoires fonctionnels et un réseau performant de maintenance hospitalière.

Dans la région de Ziguinchor, la situation s’est traduite par une mobilisation conjointe au sein de l’Hôpital de la Paix. L’Inter-syndical local, regroupant le SAMES, le SNTS et le SUTSAS, a également programmé un calendrier de grèves en septembre 2026 pour dénoncer le sous-financement chronique des structures de soins. Les syndicats de l’établissement rappellent que les retards administratifs et les manquements dans le versement des subventions d’exploitation pèsent lourdement sur la gestion financière et l’approvisionnement en réactifs et en équipements.
Le Dr Ousmane Diba, secrétaire général de la section SAMES de l’établissement et coordonnateur de l’Inter-syndical, a souligné que le fonctionnement d’un hôpital ne peut reposer sur de simples promesses, exigeant des actes immédiats concernant notamment la mise en service effective de l’IRM destinée à la Casamance.
Primes de stage et note circulaire du ministère
La situation des médecins en spécialisation constitue un autre point d’achoppement. Le syndicat déplore les retards récurrents dans le versement des primes de stage et réclame de meilleures conditions académiques et sociales pour ces praticiens en formation.

De surcroît, le climat social a été alourdi par une note circulaire émise par le ministère de la Santé le 19 août 2026. Cette disposition administrative est perçue par les professionnels comme une menace directe pesant sur certains appuis au logement et primes accordés aux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Le SAMES a mis en garde la direction des structures contre toute tentative de suspension de ces avantages acquis.
Tout en maintenant la pression par l’intermédiaire de son plan d’action, la direction syndicale affirme que la porte du dialogue demeure ouverte, à condition que les discussions débouchent sur des engagements concrets, chiffrés et vérifiables assortis d’un calendrier précis.
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