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Technologie et science

L’UCLouvain inaugure un laboratoire de biosécurité doté d’un microscope à force atomique

L'UCLouvain inaugure ce 1er septembre 2026 un nouveau laboratoire de biosécurité de niveau 3 doté d'un microscope à force atomique.

L'UCLouvain inaugure un laboratoire de biosécurité doté d'un microscope à force atomique

L’UCLouvain inaugure ce 1er septembre 2026 un nouveau laboratoire de biosécurité de niveau 3 doté d’un microscope à force atomique. Financée par la Région wallonne à hauteur de 3 millions d’euros, cette infrastructure permet d’étudier à l’échelle nanométrique les interactions entre cellules humaines et agents pathogènes dangereux.

L’université franchit un cap décisif dans l’étude des agents infectieux. L’établissement académique inaugure ce 1er septembre 2026 un nouveau laboratoire de biosécurité de niveau 3 sur son site, créant ainsi une infrastructure hautement sécurisée pour analyser des virus et des bactéries à haut risque. Ce projet représente une concrétisation majeure pour la recherche wallonne, s’inscrivant dans le cadre du développement de la plateforme technologique d’excellence interuniversitaire wallonne Biogreen (projet Biogreen pour lequel l’UCLouvain a reçu au total 8 millions €).

Une combinaison technologique mondiale unique à Louvain-la-Neuve

L’UCLouvain se dote d’un laboratoire ultra-sécurisé pour étudier des

Ce nouveau plateau technique se distingue par une configuration extrêmement rare à l’échelle internationale. Selon les informations communiquées par l’institution, il s’agit du 2e laboratoire de biosécurité de niveau 3 au monde à être équipé d’un tel microscope à force atomique. Plus précisément, il est le 2e au monde (après Montpellier) à combiner un niveau de sécurité maximal et la présence d’un microscope à force atomique de dernière génération, capable de sonder les interactions entre un agent pathogène (virus ou bactérie) et une cellule humaine, à l’échelle nanométrique.

Jusqu’à présent, l’analyse fine des mécanismes d’infection se heurtait à des limites d’observation nanométrique. L’appareil permet d’ausculter l’infiniment petit pour décrypter les clés d’entrée des micro-organismes. Les équipes scientifiques entendent exploiter cette vision biophysique pour bloquer l’infection avant qu’elle ne se propage dans l’organisme.

Un investissement de 3 millions d’euros soutenu par la Région wallonne

Le financement de l’infrastructure provient directement des pouvoirs publics régionaux. Ce laboratoire a été financé par la Région wallonne à hauteur de 3 millions d’€ dans le cadre du développement des plateformes technologiques d’excellence de la Wallonie. Loin de se refermer sur ses propres chercheurs, ce labo sera également accessible aux entreprises et partenaires externes afin de soutenir leurs projets de recherche et développement.

Dans les murs de l'UCLouvain, un nouveau labo haute

Les retombées économiques et industrielles visent à stimuler le tissu des spin-offs locales. Comme l’analyse David Alsteens, professeur à la Faculté des bioingénieurs de l’UCLouvain et chercheur au Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology, « les universités vont surtout s’intéresser à la recherche fondamentale, avec des voies d’application. Le secteur privé cherchera une dernière validation sur des agents pathogènes réels, dans des conditions expérimentales représentatives de leurs applications ». Le Pr David Alsteens souligne également que « des petites entreprises peuvent se retrouver bloquées par un manque de financement et de devoir faire appel à des sociétés externes qui ont demandé des coûts importants. Parfois même des spin-offs financés par la région Wallonne ».

Biosécurité de niveau 3 et habilitations rigoureuses des chercheurs

L’UCLouvain inaugure un laboratoire de biosécurité doté d’un microscope à force atomique
Photo: Uclouvain

Le classement du site en biosécurité de niveau 3 impose des contraintes physiques et humaines drastiques. Comme l’explique la Pr Annika Gillis, professeure à la Faculté des bioingénieurs (l’UCLouvain) et chercheuse au Earth and Life Institute, « BSL3, pour Biosafety Level 3 est l’avant-dernier niveau de sécurité » et « Il faut un laboratoire de niveau BSL4 pour travailler sur des virus comme Ebola, et d’autres agents biologiques présentant un risque très élevé, nécessitant donc des mesures de protection hyper strictes ». Seule une poignée de scientifiques de l’UCLouvain, ayant suivi une formation spécifique, seront autorisés à pénétrer dans ce laboratoire. Le Pr Alsteens précise concrétisant que pour travailler dans ce laboratoire haute sécurité, il s’agit de « des chercheurs aguerris, qui ont déjà travaillé dans des laboratoires BSL2, et qui seront formés pour respecter les critères du niveau BSL3 », à savoir « des biologistes, bioingénieurs, physiciens et chimistes, qui vont participer à des missions de courtes durées, qui pourront être renouvelées ».

La gestion de la structure intègre également des protocoles stricts de filtrage de l’air et d’élimination des déchets biologiques. Face à la sensibilité des souches manipulées — qu’il s’agisse de manipuler en toute sécurité des virus (grippe, SARS-CoV-2, etc.) et des bactéries dangereuses (comme celles responsables de l’anthrax ou de la tuberculose) ou émergentes, ou encore de travailler sur des pathogènes végétaux, comme le précise Annika Gillis — les accès et la gestion sont hautement contrôlés.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.