Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a pointé du doigt la Russie, Israël et l’extrême droite internationale, les accusant d’avoir alimenté la désinformation à l’origine de l’afflux massif de migrants à Ceuta fin juillet.
Les accusations de Pedro Sánchez contre la Russie et Israël
Le chef du gouvernement espagnol a établi un lien direct entre la propagation de fausses informations et l’arrivée sans précédent de migrants dans la ville autonome fin juillet. S’exprimant dans le cadre d’un entretien détaillé accordé à la station Cadena SER, le dirigeant a cité nommément plusieurs acteurs internationaux impliqués selon lui dans cette campagne de déstabilisation.
L’exécutif espagnol poursuit ses investigations pour identifier les causes exactes de cette crise migratoire. Le gouvernement d’Espagne doit agir sur la base de données, de faits avérés
, a déclaré le Premier ministre, soulignant que l’enquête reste ouverte.
Les investigations menées par Madrid montrent que la tension a été exacerbée par une distorsion délibérée de la législation en vigueur. Les services de l’État ont ainsi détecté qu’un arrêt du Tribunal suprême portant sur les refoulements de migrants à la nage avait été totalement dénaturé avant d’être diffusé sur les réseaux sociaux. Selon le chef de l’exécutif, cette manipulation a été activement exploitée par des réseaux criminels pour encourager les traversées.
La désinformation comme arme politique en Europe
Interrogé sur la diffusion de ces fausses nouvelles, Pedro Sánchez a pointé du doigt la Russie et Israël, aux côtés de ce qu’il qualifie de l’internationale d’extrême droite
. D’après l’analyse de l’exécutif, des messages relayés sur des comptes de réseaux sociaux liés à ces sphères ont cherché à instrumentaliser la question migratoire pour affaiblir l’Espagne et attiser les divisions au sein de l’Union européenne.
Le dirigeant a toutefois tenu à nuancer ces propos, précisant qu’aucune implication directe de la part des gouvernements russe ou israélien n’est formellement établie à ce stade et que les instigateurs précis de ces publications restent à identifier. L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large où des acteurs étatiques et non étatiques feraient de la migration une arme politique et de la désinformation un instrument de déstabilisation des pays européens.
Le rôle du Centre national de renseignement et la mise hors de cause du Maroc
Les déclarations du Premier ministre interviennent après des versions discordantes au sein de son propre gouvernement concernant les alertes transmises par le Centre national de renseignement (CNI) avant les 30 et 31 juillet. La ministre de la Défense avait affirmé au Parlement que des notes sur la hausse des entrées à la nage avaient bien été communiquées, tandis que le ministre de l’Intérieur avait nié l’existence d’un rapport prévoyant un afflux d’une telle ampleur.

Pedro Sánchez a rejeté l’idée d’une contradiction au sein de son équipe, expliquant que le CNI avait certes partagé des rapports de situation, mais que aucune information ne permettait de mesurer l’ampleur de la crise que nous allions subir
. Des réunions préparatoires s’étaient tenues entre l’administration centrale et les autorités de Ceuta après les premiers signaux d’une hausse des entrées, conduisant à un renforcement des effectifs frontaliers sans pour autant réussir à anticiper le volume des arrivées.
En revanche, Madrid a totalement disculpé le royaume chérifien dans cette séquence. Le chef du gouvernement a affirmé avec force qu’aucun élément recueilli par les services de renseignement ne met en cause les autorités marocaines. Selon ses déclarations, Rabat a proposé une coopération qualifiée d’instantanée, immédiate
dès le déclenchement de la crise. Le dirigeant a salué une collaboration franchement positive
, concluant que la résolution de tels défis passe impérativement par le partenariat bilatéral et le rejet de la défiance envers le Maroc.
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