Lors de la mission Apollo 13, les Américains ont volontairement largué un générateur nucléaire SNAP-27 contenant 3,8 kilogrammes de plutonium 238 au-dessus de la fosse des Tonga, à 6 000 mètres de fond dans l’océan Pacifique. Plus de cinquante ans après, aucune fuite radioactive n’a été détectée selon les sources disponibles.
L’histoire de la conquête spatiale cache parfois des décisions prises dans l’urgence absolue. Pour survivre, l’équipage a dû se réfugier dans le module lunaire Aquarius, détourné en canot de sauvetage improvisé.
Ce module de secours transportait toutefois une cargaison inattendue : un générateur nucléaire destiné à alimenter des instruments scientifiques sur le sol lunaire, dont le déploiement a été annulé par l’avortement de la mission. Une fois les astronautes rentrés sains et saufs sur Terre, la NASA a dû faire un choix pour éliminer ce générateur devenu totalement inutile.
Le fonctionnement et le blindage du générateur SNAP-27
Le dispositif abandonné portait la désignation SNAP-27, acronyme de Systems for Nuclear Auxiliary Power. Cette technologie convertit directement la chaleur de la désintégration du plutonium en électricité, offrant l’avantage majeur de fonctionner sans lumière solaire pendant les longues nuits lunaires qui durent environ deux semaines terrestres.
Concrètement, le SNAP-27 embarquait environ 3,8 kilogrammes de plutonium 238 sous forme de dioxyde de plutonium. Ce composé céramique a été spécifiquement conçu pour résister aux chocs violents et aux températures extrêmes. Les ingénieurs de la NASA avaient anticipé dès la conception le risque d’un accident lors d’un lancement ou d’un retour sur Terre, dotant le boîtier d’un blindage robuste pour empêcher toute dispersion radioactive en cas de rentrée atmosphérique non contrôlée, un scénario qui s’est précisément matérialisé avec le destin d’Apollo 13.
Le choix de la fosse des Tonga comme sépulture sous-marine
La décision de la NASA s’est concrétisée par le largage du module Aquarius et de sa charge radioactive au-dessus de l’océan Pacifique.
Ce site n’a pas été choisi par hasard. L’emplacement isolé se trouvait loin de toute zone habitée et des routes maritimes. En combinant la pression colossale de cette fosse abyssale et la solidité de l’enveloppe en céramique, les responsables espéraient maintenir le matériau radioactif confiné de manière définitive. La structure était censée traverser l’atmosphère et heurter l’eau sans céder.
Un bilan de sécurité après plus de cinquante ans
Le générateur repose silencieusement par 6 000 mètres de fond depuis plus de cinquante ans. Selon les informations rapportées, aucune fuite radioactive n’a jamais été détectée. La demi-vie du plutonium 238 étant de 87,7 ans, la matière reste active pour de nombreux siècles.
Malgré cette activité prolongée, aucune opération de récupération n’a jamais été envisagée par les autorités. La profondeur extrême de 6 000 mètres et les coûts jugés prohibitifs d’une telle intervention sous-marine rendent toute tentative de repêchage impossible, confirmant que le module restera ancré dans sa tombe abyssale du Pacifique.