TotalEnergies cède le rôle d’opérateur du projet Papua LNG à ExxonMobil et réduit sa participation à 20 % dans le cadre d’une réorganisation annoncée le 7 septembre 2026. Cette transition vise à maximiser les synergies opérationnelles avec le complexe voisin PNG LNG en vue d’une décision finale d’investissement attendue d’ici la fin de l’année.
La configuration du secteur énergétique en Papouasie-Nouvelle-Guinée connaît un tournant décisif. TotalEnergies a officialisé le transfert de l’opérateurship de Papua LNG à son partenaire américain ExxonMobil, qui pilote déjà l’infrastructure adjacente PNG LNG. Cette décision stratégique rapproche un peu plus le projet de sa décision finale d’investissement, espérée avant le terme de l’année 2026.
Une nouvelle répartition du capital et des rôles clés
Pour permettre à la major américaine d’assumer pleinement ses responsabilités d’opérateur avec une participation renforcée, le groupe français TotalEnergies cédera un intérêt de 9,1 % à ses coentreprises au prorata de leurs participations actuelles. À l’issue de cette opération et de l’exercice par l’État papou-néo-guinéen de son droit d’entrée, la structure actionnariale s’établira de manière précise entre les différents partenaires industriels et institutionnels.
| Actionnaire | Participation (en %) | Rôle dans le projet |
|---|---|---|
| ExxonMobil | 34,1 % | Opérateur |
| Kumul Petroleum Holdings Limited et MRDC | 22,5 % | Intérêts publics locaux |
| Santos Ltd | 21,0 % | Partenaire |
| TotalEnergies | 20,0 % | Partenaire |
| ENEOS Holdings Inc (ou ENEOS Xplora) | 2,4 % | Partenaire |
Parmi les partenaires, la société australienne Santos a confirmé avoir acquis une part supplémentaire pour un montant de 189 millions de dollars, portant ainsi sa participation globale à 21 %. De son côté, le gouvernement papou-néo-guinéen conserve une position de 22,5 % à travers Kumul Petroleum, avec la possibilité d’accroître encore cet engagement de 2,5 % selon les termes soulignés par Santos.
Optimisation des coûts et synergies avec PNG LNG
Les discussions menées depuis 2024 ont permis des gains financiers substantiels. Grâce à une refonte de la conception du projet — incluant un schéma alternatif pour les condensats en synergie avec le réseau existant — et à la remise en concurrence des lots d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) auprès d’un panel élargi de sous-traitants asiatiques, les dépenses d’investissement ont été ramenées à environ 14 milliards de dollars. Cela représente près de 4 milliards de dollars d’économies par rapport aux estimations initiales.

« Le transfert du rôle d’opérateur renforce la création de valeur et la compétitivité du projet en tirant parti des synergies avec PNG LNG lors des phases de construction et d’exploitation. »
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, via Boursorama
Accords gaziers et commercialisation du GNL vers l’Asie
Les contrats commerciaux franchissent eux aussi une étape décisive. L’accord gazier initial conclu en 2019 avec les autorités locales a été formellement amendé pour s’adapter au budget actualisé. L’objectif explicite est de garantir la robustesse économique du projet, y compris en période de bas de cycle, tout en protégeant les intérêts fiscaux à long terme de l’État papou-néo-guinéen.

Sur le plan de l’exploitation commerciale, une coentreprise dédiée a été constituée entre TotalEnergies et Kumul Petroleum Holdings Limited. Cette structure aura pour mission de commercialiser 2,4 millions de tonnes de GNL par an sur un volume global estimé à 5,6 millions de tonnes par an en provenance des champs d’Elk et d’Antelope dans la province du Golfe. En parallèle, TotalEnergies s’est assuré l’accès à 1,5 million de tonnes par an pour alimenter son propre portefeuille mondial de gaz naturel liquéfié destiné aux marchés asiatiques.