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Le prix du bœuf grimpe en Amérique du Nord

La flambée du prix du bœuf aux États-Unis s’accélère en raison d’une crise sanitaire et d’incertitudes commerciales persistantes.

Le prix du bœuf grimpe en Amérique du Nord

La flambée du prix du bœuf aux États-Unis s’accélère en raison d’une crise sanitaire et d’incertitudes commerciales persistantes. Alors que le cheptel bovin atteint son plus bas niveau depuis les années 1950, la propagation d’un parasite et les tensions douanières compliquent l’approvisionnement et pèsent lourdement sur le budget des consommateurs.

Le marché nord-américain de la viande bovine fait face à une tempête parfaite. Les consommateurs américains qui se tournent vers les barbecues découvrent des tarifs en forte hausse, une tendance amorcée au début de l’année 2025. Selon une analyse du marché nord-américain, le bœuf haché a ainsi grimpé de plus de 20 % depuis janvier 2025, fragilisant un pouvoir d’achat déjà éprouvé par l’inflation générale. Les tensions commerciales voulues par Donald Trump, combinées à une crise sanitaire dans les élevages, menacent cet équilibre et risquent de renchérir encore la viande.

L’Accord États-Unis–Mexique–Canada et les négociations bilatérales

Une intégration régionale fragilisée par les tensions politiques

La production et l’acheminement de la viande reposent sur une coopération étroite entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, un modèle structuré à l’origine par l’Accord de libre-échange nord-américain de 1994, puis remplacé en 2020 par l’AEUMC. En 2020, Donald Trump l’a remplacé par l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC, ou USMCA). Contrairement à l’Alena, ce nouvel accord doit être réexaminé tous les six ans par les trois pays et comporte une clause d’extinction au bout de seize ans. En théorie, les trois pays devaient décider avant le 1er juillet 2026 s’ils prolongeaient l’accord pour seize années supplémentaires ou s’ils le laissaient entrer dans une phase de réexamens annuels jusqu’à son expiration définitive en 2036. Toutefois, les relations diplomatiques tendues, notamment avec le Canada, laissent ce dernier en retrait des discussions actuelles. Les négociations se poursuivent donc en format restreint entre Washington et Mexico, plaçant la filière agricole au cœur des priorités bilatérales. À la veille des discussions des 16 et 17 juin 2026 entre les négociateurs américains et mexicains sur l’accord de libre-échange nord-américain, le président Donald Trump avait averti que Washington pourrait ne pas reconduire cet accord, négocié durant son premier mandat, voire s’en retirer complètement. Les États-Unis et le Mexique ont entamé le 21 juillet un troisième cycle de négociations pour réviser l’accord de libre-échange nord-américain, sans la participation du Canada, et ces discussions interviennent après la décision de l’administration Trump de ne pas prolonger automatiquement l’accord, ouvrant une période de dix ans au terme de laquelle il expirera faute de nouvel accord.

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Les éleveurs américains importent du Mexique de jeunes bovins destinés à l’engraissement avant l’abattage, tandis que le Canada achemine des animaux prêts à être transformés dans les abattoirs américains. En retour, les États-Unis exportent de la viande et des bêtes prêtes à l’abattage pour alimenter la demande mexicaine. Les flux de bétail et de produits carnés traversent les frontières plusieurs fois avant d’arriver dans les assiettes, ce qui rend la filière particulièrement vulnérable aux barrières douanières ou aux modifications réglementaires. Le bœuf, comme les autres produits couverts par l’accord, a été exempté des droits de douane imposés par Donald Trump à ses partenaires commerciaux en 2025.

La propagation de la lucilie bouchère et le cheptel bovin américain

Crise sanitaire et cheptel au plus bas

Le prix du bœuf grimpe en Amérique du Nord
Photo: cbsnews.com

Aux pressions commerciales s’ajoute une menace biologique d’envergure. La propagation de la lucilie bouchère, un parasite redoutable qui a touché les élevages au Mexique avant de contaminer le territoire américain, restreint l’offre de bétail. Cette épidémie frappe un secteur déjà exsangue. En raison de sécheresses prolongées, le cheptel bovin américain est tombé à son niveau le plus faible depuis les années 1950, réduisant mécaniquement la quantité de viande disponible sur le marché intérieur.

La visite de Donald Trump au Texas et la colère des éleveurs locaux

Des décisions politiques contestées sur le terrain

Trump tente de faire baisser le prix du bœuf, les éleveurs américains protestent

Face à la colère des consommateurs, l’administration américaine a cherché à agir. Le président Donald Trump s’est rendu au Texas le jeudi au milieu de vives contestations. Ses projets visant à abaisser le coût de la viande en suspendant les taxes sur les importations et en favorisant l’achat de bœuf étranger provoquent la colère des éleveurs locaux et des élus républicains, qui estiment ces mesures préjudiciables aux producteurs nationaux.

Alors que les discussions sur l’avenir du traité commercial nord-américain se poursuivent, l’incertitude pèse lourdement sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, laissant entrevoir de nouvelles difficultés pour les mois à venir.

Cattle rancher reacts to Trump’s plan to lower beef prices

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.