À partir de ce lundi 7 septembre 2026, la Belgique joint des témoignages de parents endeuillés à toutes les amendes pour excès de vitesse. Portée par la ministre de la Justice Annelies Verlinden et l’association PEVR-SAVE, cette campagne vise à confronter directement les contrevenants aux drames humains de la route.
Les automobilistes belges interceptés en excès de vitesse découvrent une démarche inédite dans leur courrier et lors de leurs démarches de paiement. L’initiative, lancée ce lundi 7 septembre 2026, associe la sanction financière à la réalité déchirante de familles touchées par la perte d’un enfant sur la route, selon les informations concordantes de la presse diffusées par RTL Info.
Annelies Verlinden et PEVR-SAVE
Dès ce 7 septembre, son histoire ne sera plus seulement celle d’une famille endeuillée, et son témoignage sera accompagné de celui de Viviane, une autre mère qui a perdu son enfant dans un accident de la route.
Une campagne nationale portée par le SPF Justice et l’association PEVR-SAVE
Ce dispositif de sensibilisation s’inscrit dans une collaboration étroite entre le SPF Justice, le SPF Mobilité et Transports, l’Institut Vias, la police fédérale et l’association Parents d’Enfants Victimes de la Route – SAVE (PEVR-SAVE). Le but n'est pas de choquer. Notre objectif est simplement d'ancrer durablement dans les mentalités l'importance d'une conduite sûre et responsable
, a précisé Bertrand Jardon, président de PEVR. L’action ne se limite pas à un simple courrier postal. Lorsque les contrevenants se connectent sur la plateforme sécurisée Just-on-web pour s’acquitter de leur amende, ils doivent désormais visionner une vidéo de sensibilisation aux dangers de la route.
En complément, des fiches informatives comportant des messages personnels rédigés par des parents endeuillés sont directement jointes aux lettres d’amendes fédérales liées aux excès de vitesse.
Michelle et Viviane
Les récits bouleversants de Michelle et Viviane face aux infractions
La campagne met en lumière les parcours tragiques de deux mères. Michelle, originaire de Gembloux, a perdu son fils Olivier à l’âge de presque 13 ans. L’enfant rentrait à vélo lorsqu’il a été violemment percuté par un automobiliste roulant trop vite et sous l’emprise de l’alcool, décédant quelques heures plus tard sans avoir jamais repris connaissance.

Notre enfant a été tué par la bêtise humaine, par une décision évitable prise en une fraction de seconde, dont les conséquences nous poursuivront toute notre vie. Je veux rappeler que la vitesse n’est pas un jeu et que les excès peuvent coûter des vies, briser des familles et provoquer des drames irréparables. Chaque fois que vous prenez le volant, pensez aux conséquences de vos actes, respectez les limitations et les règles de conduite. L’amende que vous recevez aujourd’hui est là pour vous le rappeler. La route appartient à tout le monde : agissez avec responsabilité et bienveillance, pour que plus jamais aucune famille ne vive ce que nous avons traversé.
Michelle, mère d’Olivier
Benoît Godart et l’Institut Vias
Un dispositif évalué après un premier succès en 2025

L’approche punitive couplée à la prévention visuelle n’est pas totalement nouvelle et s’appuie sur une première expérience menée en 2025. Pour la campagne 2026, on reste donc sur la même lancée que l'année passée
, a expliqué Benoît Godart, porte-parole de Vias, l’Institut belge spécialisé dans la sécurité routière. Nous avons simplement changé les visages de ces parents endeuillés, pour rappeler que derrière chaque décès, il y a une famille.
Au cours de cette première année, les vidéos de sensibilisation ont été visionnées à 1,2 million de reprises par les personnes concernées, un résultat illustrant l’importance de la prévention selon Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale.

Pour la ministre de la Justice Annelies Verlinden, l’objectif central n’est pas d’engranger des chiffres ou des sanctions financières, mais bien de sauver des vies. L’association PEVR-SAVE rappelle de son côté qu’en Belgique, un accident mortel sur trois est lié à une vitesse inadaptée, tandis qu’An Vandeborne, directrice de PEVR-SAVE, a souligné que chaque choix que nous faisons au volant peut faire la différence entre rentrer chez soi en toute sécurité et subir une perte irréparable
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