Des émissaires américains ont fait état ce lundi d’une disponibilité russe renouvelée pour des négociations de paix en Ukraine, à l’issue de visites à Moscou et Kiev. Cet espoir d’une reprise des pourparlers tripartites intervient alors que la Finlande inaugure une clôture frontalière de 200 kilomètres et que l’ONU s’alarme de l’utilisation de drones autonomes.
La diplomatie internationale retient son souffle face à de possibles évolutions dans le conflit ukrainien. Ce lundi 7 septembre 2026, au 1.657e jour de la guerre, les émissaires dépêchés par Washington ont communiqué un optimisme prudent concernant la relance du dialogue entre Moscou et Kiev, selon les informations publiées ce lundi.
Visite des émissaires américains à Kiev et Moscou
L’émissaire américain Steve Witkoff a déclaré : « Des progrès substantiels ont été faits, y compris des évolutions en vue de l’organisation de pourparlers tripartites supplémentaires ». Il a également ajouté : « Le président Trump travaille dur pour arrêter la tuerie et œuvrer à une paix durable ». « Les Américains nous ont dit qu’il y avait une nouvelle disponibilité russe à négocier après les élections à la Douma », a indiqué l’Élysée ce lundi.
L’Élysée a précisé qu’il y a « une nouvelle disposition russe à négocier après les élections à la douma », prévues du 18 au 20 septembre, ajoutant : « Il faut se préparer pour un nouveau départ ». Des représentants européens – français, britanniques et allemands – ont participé à ces cycles de négociations dimanche à Kiev, où des propositions qualifiées d’ « efficaces » côté ukrainien ont été formulées par les émissaires américains à cette occasion. « Les Ukrainiens étaient satisfaits de cette visite à Kiev », a indiqué Paris, soulignant que ces déplacements visent à peser dans la conversation diplomatique et à donner « du grain à moudre » aux diplomates après les multiples promesses de l’administration Trump formulées il y a deux ans.
La position du Kremlin et la réaction ukrainienne
Le Kremlin n’a pas fermé la porte à cette relance diplomatique tout en affichant sa prudence. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré ce lundi : « Nous n’excluons pas non plus la reprise du format tripartite, mais il est encore trop tôt pour parler du lieu et des dates précises ». Réagissant à la visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, Dmitri Peskov a également estimé que « toute tentative […] constitue un pas vers la paix » et a remercié les négociateurs américains.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé ce lundi préparer la suite des négociations : « Nous coordonnons nos prochaines étapes. Nous préparons les prochaines réunions et communications. Les propositions de l’Ukraine sont constructives et le seront toujours ».
La Finlande inaugure une barrière frontalière face à la Russie
Pendant que les diplomaties s’activent, la Finlande a inauguré ce lundi une clôture longue de 200 kilomètres le long de sa frontière avec son voisin russe. L’objectif de cette installation faite de hauts barbelés est de dissuader Moscou d’« instrumentaliser » les migrants pour la déstabiliser.
La Finlande avait fermé sa frontière de 1.340 kilomètres avec la Russie en décembre 2023, après l’arrivée de plus de 1.300 migrants dépourvus de visa. La situation y est calme depuis lors, avec seulement quelques cas isolés de franchissement illégal, mais les points de passage terrestres situés sur ce tracé resteront clos « jusqu’à nouvel ordre ». La ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen, a justifié la mesure en déclarant : « Les choses peuvent changer très rapidement, c’est pourquoi nous devons être parfaitement préparés ».
L’alerte de l’ONU sur l’usage de drones autonomes
Sur le plan humanitaire et militaire, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit lundi « horrifié » par des informations faisant état de l’utilisation, en Ukraine par l’armée russe, d’un drone ayant mené une frappe meurtrière de manière autonome. « Je suis horrifié par les informations selon lesquelles des drones entièrement autonomes lancés par la Fédération de Russie ont tué trois Ukrainiens le mois dernier », a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, tout en soulignant que « l’Ukraine aurait également procédé à des essais de telles armes sur le terrain ».
Le New York Times a affirmé qu’un drone russe autonome piloté par l’intelligence artificielle (IA) aurait tué trois personnes le 6 juillet à Zaporijjia, avec pour mission initiale de frapper une station-service avant de choisir de manière autonome sa cible précise, probablement des réservoirs de propane. Le journal britannique The Guardian a de son côté évoqué un seul mort, affirmant que cette attaque avait été perpétrée par un drone Molniya.