Ce rapport conjoint, publié en septembre 2026, documente des dizaines d’attaques menées par l’armée israélienne dans le sud du Liban, touchant des zones civiles et ravageant des centaines d’hectares de terres agricoles.
Human Rights Watch, aux côtés de la Clinique internationale des droits humains de la faculté de droit de Harvard, exige l’adoption d’une nouvelle loi internationale pour réglementer l’usage de ces armes particulièrement dévastatrices.
Un rapport conjoint documente 23 incidents au Liban-Sud
Dans un rapport de 45 pages publié le mercredi 9 septembre 2026, les deux organisations recensent 23 incidents vérifiés d’utilisation de munitions au phosphore blanc par Israël dans le sud du Liban entre les mois de mars et de mai 2026.
La publication de ce document intervient après des vérifications menées par Human Rights Watch dans 17 municipalités différentes au cours de la même période, incluant des secteurs résidentiels. Selon les constatations des enquêteurs, ces projectiles sont tirés au-dessus de zones habitées, explosent en l’air et frappent sans discernement, rendant impossible toute distinction entre les civils et les combattants. Cette pratique constitue, d’après les conclusions du texte, une violation directe du droit international humanitaire.
Les ravages humains et environnementaux des armes incendiaires
Les munitions au phosphore blanc s’enflamment instantanément au contact de l’oxygène. Les fragments qui pénètrent le corps peuvent se rallumer s’ils sont de nouveau exposés à l’air, infligeant des brûlures atroces et provoquant des traumatismes physiques, psychologiques et socio-économiques à vie pour les survivants.

Au-delà du coût humain jugé inacceptable par les auteurs du rapport, les dégâts matériels et écologiques s’avèrent considérables. Le Conseil national de la recherche scientifique au Liban a indiqué qu’en juin dernier, 175 hectares de terres agricoles ont été incendiés par l’emploi de ces substances. Les organisations estiment que ces destructions visent à rendre durablement la région inhabitable.
Un vide juridique international et l’appel à l’Assemblée générale de l’ONU
Actuellement, l’utilisation du phosphore blanc dans les conflits armés ne fait l’objet d’aucun traité international spécifique interdisant ou encadrant strictement son usage de manière universelle.

Face à ce vide juridique et aux destructions répétées signalées dans les zones urbaines, Human Rights Watch et la faculté de droit de Harvard appellent les États membres à se saisir d’urgence de la question. Les organisations demandent que le sujet soit mis à l’ordre du jour de la réunion annuelle sur le désarmement de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en octobre à New York.