Édition française
En continu
---Advertisement---

Divertissement

Yannick Haenel Publie Un Roman Sur Sa Vocation D’Enseignant Chez Gallimard

L'écrivain Yannick Haenel publie chez Gallimard le roman La solitude des professeurs est infinie, un ouvrage inspiré de ses quinze années d'enseignement dans les collèges de la…

Yannick Haenel Publie Un Roman Sur Sa Vocation D'Enseignant Chez Gallimard

L’écrivain Yannick Haenel publie chez Gallimard le roman La solitude des professeurs est infinie, un ouvrage inspiré de ses quinze années d’enseignement dans les collèges de la banlieue parisienne, né de l’assassinat de Samuel Paty en 2020 pour saluer la grâce et la transmission du métier d’enseignant.

L’expérience de l’enseignement secondaire en région parisienne trouve une résonance littéraire singulière à travers la parution du roman de l’écrivain Yannick Haenel. Porté par un parcours d’une quinzaine d’années en tant que professeur de français dans des établissements difficiles, l’auteur s’attache moins à rédiger un réquisitoire qu’à célébrer la vocation enseignante.

Les origines littéraires d’une vocation et le choc de 2020

L’impulsion créatrice de ce livre plonge ses racines dans un drame national. L’assassinat de Samuel Paty en 2020 a déclenché chez le romancier le besoin impérieux de consigner par écrit son vécu d’ancien enseignant. Loin de céder à l’aigreur, l’ouvrage met en lumière les éclats lumineux qui traversent le quotidien des classes, à l’instar de ces ateliers menés le mercredi après-midi autour de l’œuvre de Samuel Beckett.

« Ces mercredis après-midi passés avec 5 adolescents dans une petite salle autour du texte de Beckett font partie des journées les plus belles de ma vie »

Jean Deichel, double littéraire de l’auteur, via Vinci Autoroutes

À travers son double littéraire Jean Deichel, le narrateur défend une vision exigeante et passionnée de la pédagogie. Une heure de cours peut changer une vie, affirme l’écrivain, en précisant « en tous les cas celle des profs et j’espère parfois celle des élèves », soulignant l’impact durable que la transmission des textes peut opérer sur les élèves comme sur les maîtres.

Entre solitude institutionnelle et liberté de transmettre

Le titre de l’œuvre interroge la condition des professeurs au sein de la société contemporaine et de l’Éducation nationale. Cette solitude, loin d’être seulement subie, se lit également comme l’espace d’une magnifique liberté d’échanger et de transmettre. La critique littéraire menée par Fabrice Gabriel souligne d’ailleurs combien le texte dépasse le simple témoignage sur la crise de l’institution pour s’affirmer comme un roman fiévreux sur la vocation des enseignants, décrivant non seulement un témoignage sur l’état critique d’une profession malmenée, mais le récit éminemment littéraire d’une authentique passion.

Yannick Haenel Publie Un Roman Sur Sa Vocation D'Enseignant Chez Gallimard
Photo: AOC media

« Être prof implique […] un certain amour de la gratuité ; un tel amour n’était pas du tout raisonnable, mais c’était précisément cette part de folie qui me plaisait : en échappant à la mesure, au calcul et même à l’ambition personnelle, “enseigner dans le secondaire”, comme elle disait avec un peu de dédain, rendait possible à mes yeux que quelque chose de plus grand se transmette. »

Yannick Haenel, via AOC media

Cette part de détachement vis-à-vis du calcul ou de l’ambition personnelle permet d’échapper à la mesure stricte pour rendre possible la transmission de valeurs plus élevées. L’écrivain multiprimé s’interroge d’ailleurs ouvertement : « Pourquoi raconter sa vie de prof ? Est-ce pour attirer l’attention ? Appeler au secours ? Je n’ai pas l’esprit revendicatif : ce qui me porte, c’est la foi », comme il l’écrit page 204 de son nouveau roman.

Le débat sur la langue et la préservation du langage

Plutôt que d’alimenter les polémiques récurrentes sur la prétendue baisse du niveau scolaire, l’auteur déplace le regard vers une question plus globale. La société a laissé faire un appauvrissement du langage, analyse l’écrivain, qui estime qu’il est « injuste qu’on impute tout ça aux élèves » tout en ajoutant que « les enfants, ils apprennent ce qu’on veut bien leur apprendre ». Pour lui, « il n’y a qu’à l’école où l’on prend encore soin du langage ».

Yannick Haenel – La solitude des professeurs est infinie

Publié chez Gallimard, ce récit s’impose ainsi comme un beau roman sur la transmission, sur la littérature, sur les liens, sur l’incertitude, et sur tout ce qui fait la beauté de cette profession primordiale.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.