Cet incident frontalier a immédiatement provoqué une série de réactions diplomatiques d’envergure à travers l’Europe, les dirigeants occidentaux y voyant une escalade dans la stratégie d’intimidation de Moscou.
Les réactions de l’Otan et des capitales européennes face à l’offensive
En marge d’un sommet sur l’Arctique en Finlande, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte a vivement condamné l’attaque, estimant qu’elle traduisait la fébrilité et l’isolement croissant du Kremlin.
La frappe contre un train de passagers en Ukraine hier (dimanche) montre à quel point Poutine est devenu désespéré. Il pense qu’il peut nous empêcher de soutenir l’Ukraine et qu’il peut saper notre unité. Il a tort
Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a abondé dans le même sens lundi 14 septembre, soulignant que ces attaques avaient un but très clair : intimider les Européens, les décourager et surtout les désunir
d’après les précisions apportées par le média public franceinfo.fr, et qu’elles coïncidaient avec un grand forum de soutien économique organisé en Ukraine, qui réunissait un grand nombre de représentants d’entreprises et de représentants diplomatiques venus du monde entier et singulièrement d’Europe. Selon la diplomatie française sur franceinfo, l’offensive russe démontre la fébrilité de Vladimir Poutine dans un moment où la Russie va très mal, est en échec sur le plan militaire, incapable de percer le front et la résistance ukrainienne
, en rappelant aussi que la Russie était en échec sur le plan économique, avec une croissance en berne, des comptes dans le rouge
. De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé que cette manœuvre cherchait à effrayer les partenaires de Kiev pour les inciter à cesser leurs déplacements sur place.
Le train diplomatique et les personnalités visées en gare de Yahodyn
L’ancien directeur de la CIA David Petraeus se trouvait également à bord d’un autre train qui était dans la gare au moment-même de l’attaque. Un coordinateur sur place avait repéré le drone propulsé par un moteur à réaction, permettant de donner l’ordre d’évacuation quinze minutes avant l’impact, tandis que le train diplomatique avait pu quitter la gare plus tôt que prévu. Selon Ukrzaliznytsia, il est tout à fait possible que la cible du drone russe ait également été le train diplomatique
, la compagnie affirmant adapter en permanence son service face aux menaces.

La position officielle de Moscou et le bilan des frappes
Interrogé à ce sujet, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a justifié lundi les frappes russes menées la veille tout près de la frontière polonaise en réponse à une question de l’AFP lors de son briefing quotidien à la presse :

Il est question du territoire ukrainien. Nos militaires accomplissent leurs missions sur l’ensemble du territoire ukrainien et continueront à le faire
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin
En parallèle de l’attaque sur le réseau ferroviaire, une frappe russe contre un entrepôt d’une entreprise agricole dans le nord de l’Ukraine a fait lundi au moins trois morts et sept blessés selon un bilan établi par la police.