La situation contractuelle et l’avenir de Connor Hellebuyck à Winnipeg plongent la franchise dans une incertitude profonde à l’aube de la nouvelle saison. Âgé de 33 ans, le portier américain a passé les 11 dernières saisons dans l’uniforme des Jets, qui l’avaient repêché en cinquième ronde en 2012. Possédant un impressionnant bagage de 625 matchs disputés sous les couleurs de l’équipe, il est l’un des joueurs les plus marquants de l’histoire de la concession.
Malgré un contrat de sept ans d’une valeur de 58,5 M$ — soit 8,5 M$/saison — signé en octobre 2023 et dont il écoule actuellement la troisième année, le triple vainqueur du trophée Vézina, double récipiendaire du trophée William M. Jennings et ancien lauréat du trophée Hart a publiquement demandé à être échangé au mois d’août, après avoir formulé sa requête en interne quelques mois plus tôt.
Les tensions dans le vestiaire et la frustration de Josh Morrissey
Cette volonté manifeste de départ ne fait pas l’unanimité au sein du groupe.
« C’est de la merde. Ce n’est pas facile. J’ai joué toute ma carrière avec ce gars-là et je le considère comme un très bon ami. C’est merdique parce que nous sommes amis depuis longtemps, mais c’est dans la nature de la business de voir que des joueurs demandent d’être échangés. »
D’autres figures de l’équipe vivent la situation dans l’attente d’un dénouement rapide. Cole Perfetti, qui vient de s’entendre pour les cinq prochaines saisons grâce à une prolongation de contrat de 30 M$ intervenue en juillet dernier, a souligné que l’équipe suivait ce dossier de près.
« Nous sommes conscients des rumeurs, et ce, comme tout le monde à Winnipeg. Nous sommes impatients de savoir quel sera le dénouement, comme tout le monde. Nous savons à quel point Connor est un gardien et un individu spécial, et nous voulons continuer d’aller à la guerre avec lui. »
Des offres jugées insuffisantes et un marché canadien complexe
Sur le plan des négociations, le directeur général Kevin Cheveldayoff écoute les offres des autres formations, confirmant la tendance le mois dernier. Toutefois, l’expert hockey de TSN Darren Dreger a révélé que les propositions reçues par la direction manitobaine n’étaient pas à la hauteur des attentes et les a qualifiées de terribles
.

Par ailleurs, l’analyste estime peu probable que le gardien de but, natif du Michigan et gardien de la sélection américaine lors de la conquête de la médaille d’or aux Jeux olympiques de Milan-Cortina au printemps dernier, accepte de renoncer à sa clause de non-mouvement pour poursuivre sa carrière au sein d’une autre équipe canadienne. Néanmoins, selon des informations rapportées par Chris Johnston, Hellebuyck se montrerait ouvert à rejoindre une variety of teams
à l’échelle de la ligue, offrant une marge de manœuvre minimale à son état-major.
Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus large de désaffection des joueurs vedettes pour les marchés canadiens. Le phénomène s’est accentué avec les clauses de protection d’échange, qui concernent désormais environ 56 pour cent des joueurs éligibles à travers la LNH, menant régulièrement à l’exclusion des sept équipes basées au Canada des listes de destinations souhaitées par les hockeyeurs.
Le bilan sportif des Jets et les interrogations pour l’avenir
La décision de Hellebuyck prend ses racines dans les doutes profonds du gardien quant à la capacité de Winnipeg à attirer le talent nécessaire pour gagner. Au terme d’une campagne précédente décevante où les Jets, pourtant vainqueurs du trophée des Présidents en 2024-2025 avec une saison de premier plan, ont terminé au septième rang de la section Centrale avec une fiche de 35-35-12 et ont raté les séries éliminatoires pour la première fois en quatre ans, Hellebuyck avait exprimé sa lassitude dans un entretien marquant.

Face à ce départ imminent, la direction des Jets s’est munie d’une police d’assurance en engageant Stuart Skinner le 1er juillet pour un contrat de deux ans évalué à 7,5 M$. La franchise se trouve désormais à la croisée des chemins, partagée entre la volonté de demeurer compétitive avec un noyau vieillissant et l’éventualité d’amorcer un long processus de reconstruction, tandis que les supporters espèrent retrouver la stabilité qui a caractérisé l’équipe durant ses quinze années de présence dans le Manitoba.