De nouvelles règles régissant les voyages à destination et en provenance de la Chine sont entrées en vigueur, une mesure qui renforce le contrôle du gouvernement sur ses citoyens, selon des observateurs (BBC News). Le texte, intitulé règlement sur l’administration des entrées et sorties du territoire, a été publié en juillet par le Conseil d’État et s’applique depuis le mardi 15 septembre (Firstpost, France Info).
Nouvelles règles de voyage et de contrôle des frontières en Chine
Désormais, les voyageurs voulant quitter le pays doivent justifier leur déplacement à l’étranger, voire passer un entretien (France Info). Les autorités affirment que ces dispositions visent à protéger les droits et intérêts des personnes, à améliorer la gestion des entrées et des sorties, ainsi qu’à préserver la souveraineté, la sécurité nationale et les intérêts de développement (Firstpost, France Info). Les autorités chinoises nient restreindre les déplacements des citoyens ordinaires et soutiennent que les règles servent de mesure préventive contre les destinations à haut risque et les individus aux schémas de voyage inhabituels, citant des problèmes tels que les personnes trompées pour quitter le pays ou engagées dans des activités de jeux illégaux et d’escroquerie à l’étranger (BBC News).
Sécurité technologique et interdictions de sortie
Les réglementations introduisent une base spécifique pour restreindre le départ des citoyens qui enfreignent les règles d’exportation ou la réglementation sur l’importation et l’exportation de technologies d’une manière qui pourrait compromettre la sécurité industrielle ou technologique. Dans certains cas après leur retour de l’étranger, les personnes impliquées dans des activités illégales ou criminelles ayant nui à la sécurité ou aux intérêts nationaux de la Chine peuvent également être interdites de sortie pour une durée allant de six mois à trois ans (BBC News, Firstpost).

Les autorités d’immigration et de visa peuvent refuser de délivrer des documents ou empêcher les entrées et sorties en cas de soumission de faux documents ou de déclarations mensongères. Les ressortissants étrangers fournissant de fausses informations dans leurs demandes de visa s’exposent à une interdiction d’entrée d’une à cinq années.
Impacts sur les fonctionnaires et les employés de l’enseignement
Ces nouvelles mesures s’ajoutent aux restrictions déjà imposées aux fonctionnaires et aux employés d’organisations liées à l’État, particulièrement ceux ayant accès à des informations confidentielles (Firstpost, France Info). Selon des témoignages recueillis, le contrôle s’est étendu à d’autres profils tels que des enseignants universitaires et des retraités, dont les passeports sont conservés dans des coffres-forts et qui doivent soumettre des demandes six mois à l’avance pour voyager (France Info).

Des critiques estiment que ces critères sont suffisamment flous pour laisser une marge d’interprétation importante permettant de restreindre les déplacements pour des motifs politiques ou de faire pression sur les activités de citoyens à l’étranger (BBC News, France Info). Du côté de Taïwan, le Conseil des affaires continentales a exprimé des inquiétudes quant aux effets potentiels de ces dispositions sur les Taïwanais travaillant dans le secteur technologique chinois, tandis que Pékin a rejeté ces critiques en affirmant que les règles offrent une meilleure protection juridique.