Au procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú devant la cour d’assises de Paris, un enquêteur de la brigade criminelle a indiqué que les accusés avaient vidé leurs armes en quatre secondes. La défense invoque la légitime défense et conteste l’intention homicide dans cette affaire remontant à mars 2022.
Le procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú s’est poursuivi devant la cour d’assises de Paris avec le témoignage marquant d’un enquêteur de la brigade criminelle. Les principaux accusés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, encourent la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat et tentative d’assassinat.
Les tirs et la rapidité de l’attaque passés au crible
Devant la cour, l’enquêteur a détaillé le déroulement précis des tirs survenus le 19 mars 2022, peu après six heures du matin, dans les beaux quartiers parisiens. L’altercation initiale avait éclaté sur une terrasse de brasserie après une rixe alcoolisée. D’après les investigations de la brigade criminelle, Romain Bouvier a ouvert le feu le premier, tirant quatre fois.
Loïk Le Priol, arrivé sur les lieux quelques secondes plus tard avec un revolver à six coups, a également fait usage de la totalité de ses munitions dans le même laps de temps. Pour les enquêteurs, cette rapidité d’exécution témoigne d’une maîtrise certaine des armes à feu. L’ancien militaire Loïk Le Priol s’exerçait régulièrement au tir dans un domaine familial près de Draguignan, tandis que Romain Bouvier disposait d’un arsenal considérable dans son appartement de la rue des Saints-Pères.
La perquisition et la collection d’armes de Romain Bouvier
Le volet balistique de l’enquête a mis en lumière la quantité d’armes et de munitions retrouvées chez Romain Bouvier, qui faisait pourtant l’objet d’une interdiction d’en posséder ou d’en acquérir. Les perquisitions ont permis de saisir plusieurs dizaines d’armes ainsi que plus de 1 000 munitions disséminées dans son logement parisien. Interrogé par le conseil de la partie civile, Yann Le Bras, l’enquêteur a balayé l’argument du collectionneur inoffensif.

On peut s’interroger sur le fait que la collection soit étalée partout dans l’appartement.
Un enquêteur, Cour d’assises de Paris via L’Indépendant
Le fonctionnaire de police a également rappelé qu’aucun lien direct n’avait été mis en évidence entre le crime et l’engagement politique d’ultradroite des deux hommes, issus de milieux aisés et soutenus par leurs familles. Interrogé par l’avocat général Philippe Courroye sur leur appétence pour la violence, l’enquêteur a reconnu un tropisme vers des références extrémistes.
L’hommage des proches et la douleur au procès
Les audiences ont également fait place à l’émotion et à la mémoire de la victime. Des clichés de la vie de Federico Martín Aramburú ont été projetés devant la cour, illustrant son quotidien aux côtés de ses proches, de son épouse Maria et de ses jeunes enfants selon les comptes rendus d’audience. Ces témoignages ont rappelé la personnalité solaire et généreuse de l’ancien rugbyman, tandis que les accusés sont restés impassibles dans le box, sans daigner lever les yeux vers les écrans ou vers les témoins à la barre.
Le verdict dans ce procès très suivi est attendu pour le 25 septembre.