Le Cojop des Alpes 2030 s’engage à présenter un plan d’action dès le mois d’octobre pour remédier aux tensions internes. Cette décision fait suite à un audit social mené cet été qui révèle des conditions de travail tendues au sein de l’organisation olympique, alors même que le CIO confirme la solidité du projet.
La gouvernance des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes 2030 tente de tourner la page d’une période chahutée. L’instance dirigeante promet des mesures concrètes à l’automne pour stabiliser le climat social et répondre aux difficultés exprimées par les collaborateurs. « S’il y a un mal-être, il faut qu’on s’en occupe », confiait Vincent Roberti au Dauphiné Libéré.
Les résultats de l’audit social mené auprès des salariés du Cojop
L’enquête, réalisée entre juillet et août par le cabinet spécialisé Better Human Cie, a permis de sonder les collaborateurs de la structure. Sur les 108 salariés que comptait alors l’organisation, 92 % ont répondu de manière anonyme au questionnaire en ligne d’après les informations recueillies par Le Dauphiné Libéré. Le diagnostic met en lumière « des dysfonctionnements » et « une perte de confiance importance à l’égard de la gouvernance en place à l’époque », ainsi qu’une demande prononcée de changement formulée par 60 % des collaborateurs. À noter que l’effectif est désormais de 150 personnes.
L’analyse pointe précisément 27 personnes en situation de travail tendu, dont huit expriment un manque de soutien qui constituent une priorité pour un traitement individualisé. Par ailleurs, 37 % des collaborateurs interrogés indiquent un stress élevé. La direction relativise toutefois cette proportion — tout en insistant sur le fait de ne pas le minimiser — en soulignant que dans des structures comparables, la moyenne s’établit à 42 %.
Un plan d’actions programmé pour le mois d’octobre sous la houlette de Vincent Roberti
Face à ce constat, le comité d’organisation planche désormais sur un plan d’actions qui doit être engagé dès le mois d’octobre pour s’attaquer aux causes identifiées par le diagnostic, en commençant par les équipes les plus exposées. Il s’agit en particulier d’avoir un cadre de travail plus stable et plus serein et d’améliorer entre autres la communication interne. Des points de suivi réguliers permettront d’en mesurer les effets et d’ajuster ce qui doit l‘être, assure le Cojop.

Cette transition managériale est pilotée par Vincent Roberti. Arrivé en juin en tant que numéro deux du Comité d’organisation des prochains Jeux olympiques et paralympiques d’hiver qui se tiendront dans les Alpes françaises, il a pris la direction générale avant d’être désigné le 14 septembre président par intérim du Cojop suite au départ d’Edgar Grospiron, qui avait annoncé son départ le 10 septembre. Rodé à de telles situations dans des organisations complexes, il insistait fin juillet sur le fait que le dialogue social est essentiel pour lui. Alors que les parties prenantes comptent prendre le temps pour choisir qui reprendra les rênes des Alpes 2030 et, surtout, ne pas manquer le casting, le Cojop ne peut plus se permettre de gérer une nouvelle crise de cette ampleur.
Le soutien du CIO et la mobilisation maintenue des équipes
Malgré les soubresauts de la gouvernance, le projet des Alpes 2030 bénéficie d’un appui institutionnel solide. Une délégation du Comité international olympique (CIO) a estimé mercredi, soit moins d’une semaine après la démission d’Edgar Grospiron, que les fondations d’Alpes 2030 étaient « solides, bien ancrées », se disant « rassurée par les progrès accomplis » au terme d’une visite de trois jours à Lyon sur les sites qui accueilleront les épreuves de glace en 2030.
Ce sentiment de stabilité externe trouve un écho en interne. L’audit révèle en effet que 65 % des collaborateurs déclarent être toujours aussi motivés que lors de leur arrivée dans la structure, et ce malgré les turbulences d’une année particulièrement intense. Le Cojop mise désormais sur ce socle d’engagement pour bâtir un cadre professionnel plus serein en vue des échéances olympiques.