Une coroner du Queensland examine les circonstances de la disparition de Joanne Butterfield, survenue en juin 1998 à Mossman. L’enquête publique cherche à déterminer si la femme est décédée et à évaluer l’efficacité des investigations policières menées à l’époque, alors que de nouveaux témoignages de chauffeurs de taxi éclairent les tensions de l’époque.
L’enquête publique de la coroner Stephanie Williams sur l’affaire de 1998
Avant sa disparition en juin 1998, Joanne Butterfield traversait une période contrastée. D’un côté, elle avait confié à plusieurs proches que ses enfants seraient plus heureux si elle quittait la ville.
Témoignages de chauffeurs de taxi et tensions au pub de Mossman
Les audiences tenues cette semaine ont remis en lumière l’ambiance de la communauté locale en 1998. Colleen Brischetto, une figure du transport à Mossman en tant qu’exploitante de taxi, a résumé l’atmosphère générale devant la cour en affirmant que dans une petite ville, tout le monde se parle. La conductrice a indiqué avoir conduit à de nombreuses reprises Joanne Butterfield vers un débit de boissons local, le Mossman Hotel, où elle croisait régulièrement des figures de la commune.
Parmi ces figures figure Concetto Tati, un résident de longue date qui habitait dans la même rue que Colleen Brischetto. Bien que Concetto Tati ait affirmé devant la coroner n’avoir croisé Joanne Butterfield qu’une seule fois et ignorer tout de son sort, les témoignages de chauffeurs de taxi dressent un tableau différent. Colleen Brischetto a ainsi rapporté que Joanne Butterfield et Concetto Tati s’étaient disputés three or four times
près de la station de taxis dans les deux mois précédant la disparition. Dans un épisode précis, Concetto Tati avait exigé d’être conduit à Mossman Gorge pour retrouver la jeune femme, entrant dans une vive colère lorsque la conductrice lui avait suggéré de la laisser tranquille.
Colleen Brischetto, conductrice de taxi et témoin à l’enquête, a déclaré qu’il tenait absolument à la retrouver et que, lorsque quelqu’un avait affirmé qu’elle n’était pas là-haut, elle lui avait demandé pourquoi il ne la laissait tout simplement pas tranquille.
Un autre chauffeur, David Arduino, aujourd’hui âgé de 55 ans, a déclaré à l’enquête qu’il transportait fréquemment Joanne Butterfield et Concetto Tati ensemble depuis le Mossman Hotel. Selon ses déclarations, l’homme se montrait parfois brusque et agressif. David Arduino a également évoqué une course mémorable effectuée une nuit où Concetto Tati, seul et muni d’un sac de sport, lui avait demandé de rouler sur une route de campagne menant à la résidence de Michael O’Donoghue. Le chauffeur a indiqué que son passager avait l’air nerveux et sur les nerfs, lui demandant à un moment de s’arrêter pour s’enfoncer brièvement dans les broussailles.
Natalie Cavanagh, qui travaillait alors comme barmaids âgée de 19 ans au Mossman Hotel, a confirmé que Joanne Butterfield était une cliente régulière souvent accompagnée de Concetto Tati et de Michael O’Donoghue. Elle a ajouté que les deux hommes avaient cessé de fréquenter l’établissement après la disparition de la jeune femme. Michael O’Donoghue, décrit aujourd’hui comme un reclus agoraphobe, a également témoigné pour nier toute implication ou connaissance dans cette affaire.
Découverte des effets personnels et analyse des experts
Plusieurs semaines après que Joanne Butterfield a cessé de donner signe de vie, des effets personnels lui appartenant ont été découverts à des centaines de kilomètres de son lieu de résidence habituel. Ses vêtements, sa brosse à dents, son dentifrice ainsi qu’un sac à main contenant son passeport, des documents administratifs et un curriculum vitæ récemment actualisé ont été retrouvés près d’un point de vue et d’une voie ferrée sucrière à South Johnstone, à environ 160 kilomètres de Mossman. D’autres documents, parmi lesquels sa carte Medicare et sa carte bancaire, avaient quant à eux été envoyés par la poste à sa fille à l’école.

L’enquête s’appuie également sur l’expertise de Jim Whitehead, ancien coordinateur des opérations de recherche et de sauvetage de la police du Queensland, qui a mené des recherches sur la dissimulation de corps de victimes d’homicide. L’expert a indiqué que les éléments matériels et géographiques de cette affaire ne cadrent pas avec le profil habituel d’un suicide, soulignant que si Joanne Butterfield s’était effectivement donné la mort de cette manière, son corps aurait vraisemblablement été retrouvé.
Les auditions de la coroner Stephanie Williams dans cette affaire se poursuivent la semaine prochaine.