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Guerre en Ukraine : les violences sexuelles utilisées comme moyen de torture, selon l’ONU – Radio-Canada

L'Organisation des Nations unies a documenté 1 004 cas de violences sexuelles en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en février 2022.

Guerre en Ukraine : les violences sexuelles utilisées comme moyen de torture, selon l’ONU - Radio-Canada

L’Organisation des Nations unies a documenté 1 004 cas de violences sexuelles en Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Selon un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme publié à Genève, 89 % de ces actes sont attribués aux forces russes, tandis que la grande majorité des victimes sont des hommes détenus.

Depuis le déclenchement du conflit en février 2022, les violences sexuelles commises dans le cadre de la guerre en Ukraine font l’objet d’un suivi systématique par les instances internationales. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (le HCDH) a recensé au moins 1 004 cas de violences à caractère sexuel entre le début de l’attaque et la fin du mois de juillet, s’appuyant sur des entretiens confidentiels menés auprès de centaines de victimes, des documents judiciaires et des registres officiels.

Répartition des responsabilités et ampleur réelle de la crise

Sur l’ensemble des 1 004 cas documentés par les enquêteurs internationaux, 89 % ont été commis par des membres des forces armées russes, de l’administration pénitentiaire et des services de sécurité nationale.

Toutefois, ce bilan chiffré ne reflète qu’une partie de la situation sur le terrain. Danielle Bell, cheffe de la Mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine, a souligné devant la presse à Genève que ce volume ne représente qu’une fraction de la réalité.

Les méthodes de torture documentées dans les lieux de détention

Le rapport de 20 pages publié par les Nations unies met en lumière l’utilisation de ces agressions comme une méthode délibérée de torture et d’intimidation. Le Haut-Commissariat précise que ces pratiques s’inscrivent dans un schéma choquant de torture, d’intimidation et de coercition depuis le début des hostilités.

Les violations commises comprennent des viols collectifs, des viols, des mutilations génitales, des décharges électriques et des coups portés aux organes génitaux, ainsi que d’autres actes dégradants à caractère sexuel.

Guerre en Ukraine : les violences sexuelles utilisées comme moyen de torture, selon l’ONU - Radio-Canada
Photo: lapresse.ca

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme

La majorité des victimes recensées sont des hommes, en particulier des prisonniers de guerre et des détenus masculins retenus dans plus de 160 sites de détention. De nombreux survivants ont rapporté avoir subi des chocs électriques répétés à l’aide de téléphones de campagne militaires de l’époque soviétique, connus sous le nom de tapik. D’autres témoignages font état de viols collectifs et de pénétrations forcées à l’aide de matraques de police ou de clés de cellule.

Impact sur les civils et profils des survivants

Si les détenus masculins constituent la part prépondérante des cas documentés, des femmes et des enfants ont également été visés, en particulier dans les régions ukrainiennes occupées ou annexées. L’analyse des Nations unies englobe des survivantes dont l’âge varie de manière dramatique : la plus jeune victime de viol recensée est une fillette de quatre ans, tandis que la plus âgée est une femme de 82 ans, les deux cas ayant été perpétrés par des membres des forces armées russes.

Sur cette photo fournie par le service de presse de la 93e brigade mécanisée autonome « Kholodnyi Yar » ukrainienne et prise
Photo: noovo.info

Parallèlement, des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme, parmi lesquels la Rapporteure spéciale sur la torture Alice Jill Edwards, ont documenté des cas spécifiques impliquant des civils maltraités dans les régions de Kherson, Kharkiv et Zaporijjia. La publication conjointe de ces experts dénonce une politique délibérée de torture physique et sexuelle exercée par les autorités de détention russes.

Appels à la justice et réactions de l’organisation internationale

Face à la persistance de ces crimes, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a exprimé son indignation face à l’ampleur des agressions documentées par ses services.

Guerre en Ukraine : les violences sexuelles utilisées comme moyen de torture, selon l’ONU - Radio-Canada
Photo: lessentiel.lu

Je suis profondément alarmé par la prévalence de ces actes odieux (…) et je crains qu’ils ne se poursuivent (…) dans le contexte de la violence incessante dont nous sommes témoins chaque jour en Ukraine.

Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme

Les instances internationales exigent que la Russie et l’Ukraine ouvrent des enquêtes rapides, approfondies et impartiales sur l’ensemble des allégations crédibles afin de traduire les responsables en justice. Du côté ukrainien, près de la moitié des violations signalées à l’encontre de prisonniers russes ou de ressortissants de pays tiers consistent en des menaces de violences sexuelles, aux côtés de cas de nudité forcée et de coups.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.