L’arthrose touche plus fréquemment les femmes que les hommes, une disparité que la période de la ménopause amplifie en raison de la chute des œstrogènes. Selon un expert de l’Université de Liège, cette pathologie complexe requiert une approche multidisciplinaire privilégiant les changements de mode de vie avant les interventions chirurgicales ou médicamenteuses.
L’impact de la ménopause sur le cartilage articulaire
L’arthrose se caractérise par une altération du cartilage et des tissus adjacents qui entraîne douleurs, raideurs, déformations et parfois une perte fonctionnelle. Parmi les formes symptomatiques nécessitant un traitement, les femmes représentent environ 60 % des cas, contre 40 % pour les hommes.
Cette surreprésentation féminine trouve en partie son origine dans la périménopause, identifiée comme une période critique où de nombreuses femmes développent des douleurs articulaires localisées notamment aux doigts et au cou. Ce phénomène s’explique par la chute des œstrogènes, les récepteurs hormonaux étant directement présents sur le cartilage. Cette période charnière s’accompagne également de modifications de la composition corporelle, associant une perte musculaire à une augmentation de la masse grasse.
Une prévalence en hausse liée au vieillissement et à l’obésité
Les projections démographiques et sanitaires indiquent qu’un milliard d’individus seront touchés par l’arthrose d’ici 2050. Cette augmentation est principalement due au vieillissement de la population et à l’obésité
, analyse Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège, docteur en kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle, président de la fondation arthrose et auteur de l’ouvrage “Arthrose. Le pouvoir du mouvement”. En France, d’autres pathologies chroniques auto-immunes touchent également davantage les femmes, à l’instar de la sclérose en plaques (SEP) qui concerne environ 140 000 personnes, avec près de 6 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Mais cela n’explique pas tout
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Vers une prise en charge holistique et multidisciplinaire
Bien que la recherche scientifique actuelle ne permette pas encore de guérir cette pathologie, les recommandations médicales s’éloignent de l’attitude passive consistant à simplement tolérer la douleur. Les spécialistes insistent sur l’importance d’une stratégie globale pour accompagner les patients au quotidien.

C’est une maladie complexe qui nécessite une approche holistique, multidisciplinaire, axée sur les changements de mode de vie avant les interventions médicamenteuses ou chirurgicales.
Yves Henrotin, professeur à l’Université de Liège et président de la fondation arthrose
Parmi les idées reçues persistantes, la croyance populaire selon laquelle le fait de se faire craquer les doigts provoquerait l’arthrose a la vie dure. Face aux idées reçues et aux limites des solutions médicamenteuses isolées, la prise en charge privilégie désormais l’activité physique adaptée et les modifications durables des habitudes de vie pour préserver la fonction articulaire.