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L’Université de l’Alabama à Birmingham : Le Sulfate de Magnésium Inefficace pour les Très Grands Prématurés

Une étude menée par l'Université de l'Alabama à Birmingham révèle que le sulfate de magnésium n'améliore pas les issues neurodéveloppementales chez les grands prématurés nés entre…

L'Université de l'Alabama à Birmingham : Le Sulfate de Magnésium Inefficace pour les Très Grands Prématurés

Une étude menée par l’Université de l’Alabama à Birmingham révèle que le sulfate de magnésium n’améliore pas les issues neurodéveloppementales chez les grands prématurés nés entre 22 et 24 semaines de gestation, remettant en cause son utilité clinique à ce stade précoce par rapport aux corticoïdes prénataux.

L’utilisation de traitements administrés avant l’accouchement pour préparer les nourrissons à une naissance prématurée fait l’objet de nouvelles données cliniques importantes. Selon une recherche dirigée par l’Université de l’Alabama à Birmingham, l’administration de sulfate de magnésium ne procure aucun avantage neurodéveloppemental mesurable chez les bébés nés de façon extrêmement précoce entre 22 et 24 semaines de gestation.

Les conclusions de l’analyse multicentrique menée par l’UAB

Les nourrissons nés au cours de la période de 22 à 24 semaines de grossesse font face à des risques accrus d’atteintes neurodéveloppementales. Si des travaux antérieurs avaient établi que le sulfate de magnésium aide à prévenir le développement de la infirmité motrice cérébrale pour des naissances survenant entre 24 et 32 semaines, cette étude observationnelle menée par Margaret Page, M.D., et Ashley Battarbee, M.D., dans le UAB Department of Obstetrics and Gynecology, ainsi que par des collègues du Department of Pediatrics, se penche spécifiquement sur le seuil critique des 22 à 24 semaines.

Wally Carlo, M.D., co-directeur de la néonatologie à l’UAB et au Children’s of Alabama ainsi qu’au Neonatal Research Network, a déclaré que cette étude multicentrique menée par le Dr Page et ses collègues de l’UAB est importante car il s’agit de la plus vaste étude conçue pour évaluer les issues à deux ans de nourrissons nés extrêmement prématurés ayant été exposés au sulfate de magnésium prénatal et/ou à des stéroïdes, deux traitements courants administrés avant l’accouchement.

Le rôle des interventions prénatales et la place des corticoïdes

Les obstétriciens ne peuvent pas toujours stopper une naissance prématurée, ce qui les oblige souvent à reporter leur attention sur la manière de préparer au mieux le bébé à naître tôt. Battarbee a indiqué qu’ils envisagent des interventions telles que l’administration de sulfate de magnésium ou de corticoïdes prénataux à la patiente enceinte afin d’aider à améliorer les issues pour leur bébé après la naissance, tout en ajoutant que bien que l’American College of Obstetricians and Gynecologists ait récemment mis à jour ses recommandations concernant les corticoïdes pour les bébés à 22 semaines, ils ne disposaient pas de recommandations actualisées sur le sulfate de magnésium et souhaitaient explorer davantage ce traitement.

Les résultats de la recherche récente confortent les directives nationales actuelles recommandées par l’ACOG et la Society of Maternal-Fetal Medicine, qui ne préconisent pas l’administration de sulfate de magnésium à 22 semaines et privilégient à la place les corticoïdes prénataux pour améliorer les issues neurodéveloppementales. Contrairement au magnésium, les stéroïdes ont démontré un bénéfice pour les nourrissons nés à des âges gestationnels très précoces et demeurent l’intervention principale lorsqu’un accouchement prématuré est anticipé.

L’absence de bénéfice additionnel mise en évidence par Margaret Page

Page, chercheuse principale de l’étude, a souligné qu’il n’existe pas beaucoup de recommandations concernant l’utilisation du sulfate de magnésium chez les bébés à cet âge gestationnel, et qu’à travers cette recherche, ils ont pu constater qu’il n’y avait aucun avantage à utiliser le sulfate de magnésium en plus des corticoïdes prénataux, ce qui démontre qu’un traitement plus intensif ne rime pas toujours avec de meilleurs résultats.

A newborn baby sleeping inside an incubator in a hospital
Photo: nypost.com

Page et Battarbee soulignent toutes deux que l’administration de sulfate de magnésium à cet âge gestationnel n’a entraîné aucune augmentation mesurable de dommage maternel ou fœtal dans le cadre de cette étude, mais le magnésium comporte des risques maternels connus, ce qui rend crucial de ne pas l’utiliser sans bénéfice prouvé. De plus, l’utilisation du magnésium pour la neuroprotection chez des bébés à ces âges gestationnels très précoces, lorsqu’il n’est pas efficace, risque d’entraver les recherches futures visant à identifier des interventions qui font réellement une différence. Cette analyse a été menée en exploitant des données provenant du Neonatal Research Network — un vaste réseau de recherche regroupant des institutions académiques à travers les États-Unis, financé par le Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development — et en collaboration avec celui-ci.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.