Portée par des vagues de chaleur estivales à répétition, la saison 2026 a propulsé la fréquentation des piscines suisses vers des sommets historiques. De Berne à Genève en passant par Fribourg, plusieurs établissements ont battu leurs records de baigneurs, soulevant toutefois de nouveaux défis pour la gestion de l’eau et du personnel.
L’été 2026 s’inscrit d’ores et déjà comme une saison exceptionnelle pour les infrastructures balnéaires helvétiques. Les vagues de chaleur successives et une météo particulièrement clémente ont poussé un public record vers les bassins extérieurs du pays, mettant à rude épreuve les équipes et les installations selon les observations recueillies à travers la Suisse.
Des records historiques franchis de Fribourg à Zurich
L’affluence a également atteint des sommets dans d’autres cantons. À La Chaux-de-Fonds, la piscine des Mélèzes a accueilli 120 000 personnes, loin devant son ancien record de 89 000 entrées. En Valais, la ville de Sion a vécu une année historique avec 95 400 entrées, dépassant de 10 000 visiteurs une référence datant pourtant de 2003. Dans la capitale fédérale, les piscines en plein air gratuites ont comptabilisé près de deux millions d’entrées, tandis que Zurich a franchi la barre des trois millions de baigneurs.
Les chiffres témoignent de cet engouement généralisé. À Fribourg, la piscine historique de La Motta a franchi pour la toute première fois le cap des 200 000 entrées, dépassant son précédent record de 170 000 visiteurs établi en 2023. Du côté de Genève, Genève Plage a clôturé une saison exceptionnelle avec plus de 250 000 baigneurs, soit une hausse d’environ dix pour cent par rapport à l’année précédente.
Une régularité exceptionnelle et des nuances sur la canicule
Contrairement aux étés habituels où le mois de juillet connaît parfois des accalmies, la fréquentation est restée particulièrement soutenue du début à la fin de la saison. La fréquentation est restée élevée et très régulière tout l’été, alors que le mois de juillet est d’habitude plus calme
, a souligné Michel Villarejo, chef de service des sports de la Métropole horlogère.
Pourtant, les fortes chaleurs n’ont pas toujours eu un impact uniforme. À Genève Plage, la direction a tenu à nuancer l’effet direct des épisodes caniculaires trop intenses, précisant que ces pics de chaleur décourageaient parfois le public qui préférait rester à l’ombre.
Tension sur la qualité de l’eau et protection du personnel
Cette marée humaine n’a pas été sans conséquence pour la gestion quotidienne des sites. La hausse des températures de l’eau a exigé une vigilance renforcée en matière d’hygiène et de traitement.
L’eau des bassins augmente en température et demande une plus grande désinfection (chloration) et une plus grande quantité d’eau fraîche.
Martin Barrette, gestionnaire des piscines du Nid-du-Crô à Neuchâtel
Face à une augmentation de la fréquentation sur certains sites dotés de vastes surfaces, les équipes ont dû faire face à des charges de travail intenses. À Lausanne, les services des sports ont ponctuellement renforcé les effectifs pour garantir à la fois la sécurité du public, son confort et la qualité sanitaire des bassins. Dans la commune de Lancy, des mesures de protection ont été adoptées pour le personnel, incluant des pauses supplémentaires et des équipements adaptés contre les rayons UV.
Anticiper les étés de demain
Fortes de ce bilan estival hors norme, plusieurs municipalités réfléchissent déjà à l’avenir. À Lancy, la préservation de la ressource en eau est devenue un enjeu central, poussant la ville à vouloir sensibiliser les usagers aux bons gestes, tels que l’utilisation de vêtements propres, la douche obligatoire avant la baignade et la modération de l’application de crèmes solaires. À Lausanne, où les périodes d’ouverture ont été élargies dès 2024 pour s’adapter au réchauffement climatique, d’autres communes envisagent désormais de emboîter le pas pour faire face à des étés appelés à se répéter.
