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HIV Les injections sont plus efficaces que les gélules chez les adolescents

Un essai clinique mené en Afrique et publié dans The Lancet révèle que les injections toutes les huit semaines d'antirétroviraux suppriment le VIH de manière plus efficace que les…

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Un essai clinique mené en Afrique et publié dans The Lancet révèle que les injections toutes les huit semaines d’antirétroviraux suppriment le VIH de manière plus efficace que les comprimés quotidiens chez les adolescents. Seuls deux participants dans le groupe injectable ont connu un rebond viral après 96 semaines, contre 15 dans le groupe de contrôle.

Pour les jeunes vivant avec le VIH, l’observance d’un traitement quotidien représente souvent un parcours semé d’obstacles psychologiques et sociaux. Une étude récente menée auprès de 476 adolescents âgés de 12 à 19 ans au Kenya, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe démontre que le passage à des injections toutes les huit semaines améliore nettement le contrôle de la charge virale.

Les résultats de l’essai clinique LATA sur les injections toutes les huit semaines

L’essai clinique baptisé LATA (Long-Acting Treatment in Adolescents) a suivi des participants qui prenaient déjà un traitement par comprimés depuis plus d’un an, présentaient un VIH totalement supprimé et n’avaient jamais connu d’échec thérapeutique antérieur. Pratiquement l’ensemble de ces jeunes avaient contracté le virus dès la naissance, selon les détails publiés par les chercheurs.

Après une période de 96 semaines, les données publiées dans la revue The Lancet indiquent que seuls deux participants du groupe injectable ont subi un rebond viral confirmé. En revanche, le groupe de contrôle sous comprimés quotidiens recommandés par l’Organisation mondiale de la santé a enregistré 15 cas de rebond.

La professeure Sarah Pett, investigatrice principale de l’essai LATA au sein de l’unité d’essais cliniques innovants de l’UCL, a déclaré que les adolescents séropositifs constituaient historiquement un groupe dont les résultats sous antirétroviraux étaient moins bons que ceux des adultes, ajoutant que le fait de prendre des comprimés chaque jour s’accompagnait de harcèlement et de stigmatisation, et que des traitements injectables à action prolongée administrés tous les deux mois pouvaient aider les jeunes à mener une vie plus normale.

La professeure Sarah Pett, chercheuse en maladies infectieuses à l’University College London et investigatrice principale de l’étude, a qualifié ces observations de surprise très bienvenue. Selon ses analyses, l’efficacité de cette forme thérapeutique se révèle plus marquée chez les jeunes que les observations réalisées historiquement auprès des adultes.

Le soulagement quotidien et la préférence des patients pour les soins injectables

Au-delà des indicateurs biologiques, l’acceptabilité du traitement joue un rôle décisif dans la gestion au long cours. Les participants du groupe sous traitement injectable ont affirmé qu’il était beaucoup plus simple de recevoir une piqûre toutes les huit semaines que d’avaler des médicaments chaque jour.

La stigmatisation et la peur du regard des autres constituent des freins majeurs à l’observance chez les adolescents. L’absence d’obligation de stocker et d’avaler des comprimés en public allège considérablement la charge mentale des patients. Parallèlement, des recherches menées dans des cliniques de San Francisco, d’Atlanta et de Chicago confirment que les patients adultes plébiscitent également les injections intramusculaires pour préserver leur bien-être mental.

Les obstacles logistiques et l’accès inéquitable aux soins en Afrique

Malgré ces performances cliniques remarquables, la transposition de ces solutions thérapeutiques à grande échelle se heurte à des barrières économiques et structurelles substantielles. Les adolescents vivant avec le VIH résident pour la plupart sur le continent africain, alors même que ces innovations y demeurent pratiquement introuvables en dehors de quelques centres spécialisés.

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Photo: News-Medical

La Dre Deborah Ford, autrice correspondante de l’étude à l’UCL Innovative Clinical Trials Unit, met en garde contre le creusement des disparités géographiques :

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Photo: ANI News

La Dre Deborah Ford, de l’unité d’essais cliniques innovants de l’UCL, a indiqué que le manque de disponibilité des traitements injectables en Afrique risquait d’accroître les inégalités en matière de soins contre le VIH, en laissant la plupart des personnes vivant avec le VIH sans accès à des traitements qui sont disponibles dans les pays à revenu élevé.

Plusieurs contraintes majeures freinent l’expansion de ce protocole dans les régions à ressources limitées :

  • Le coût élevé des molécules, telles que le cabotégravir et la rilpivirine, qui se trouvent toujours sous brevet.
  • L’exigence d’une chaîne du froid rigoureuse pour la conservation et le stockage de la rilpivirine.
  • La nécessité de mobiliser du personnel infirmier qualifié pour administrer les injections tous les deux mois.
  • L’absence actuelle d’accords internationaux permettant la production de versions génériques abordables.

Perspectives d’évolution des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé

Actuellement, l’Organisation mondiale de la santé positionne les antirétroviraux injectables à action prolongée comme une option alternative réservée aux adultes et aux adolescents qui maintiennent une charge virale indétectable sous comprimés et ne souffrent pas d’hépatite B active. Les conclusions de l’essai LATA pourraient inciter les autorités sanitaires internationales à revoir et à élargir cette position.

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Photo: CIDRAP

Du côté de Harare au Zimbabwe, la Dre Mutsa Bwakura-Dangarembizi, médecin investigatrice principale du site, insiste sur l’urgence d’apporter des réponses concrètes. Elle rappelle que le principal défi consiste désormais à surmonter les barrières d’accès pour que les populations les plus vulnérables puissent enfin bénéficier des progrès thérapeutiques disponibles dans les pays à haut revenu.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.