L’Union européenne a échoué ce lundi à confirmer un accord de principe pour lever ses sanctions contre les oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman. Malgré une exigence portée par la France et le Luxembourg, l’opposition de la Lettonie bloque ce compromis, tandis que Kiev dénonce un signal désastreux pour Moscou.
Les tractations se prolongent dans la capitale belge autour du renouvellement des mesures restrictives prises par l’Union européenne.
Le blocage diplomatique et la position de la France sur Alicher Ousmanov
La France réclame depuis plusieurs jours que le milliardaire soit retiré de la liste noire européenne.
Nous avons une question spécifique de sécurité nationale et souhaitons répondre positivement à nos partenaires internationaux qui nous démarchent au sujet de M. Ousmanov.
Source diplomatique à Paris, via Agence France-Presse
L’opposition des pays baltes et la colère de Kiev
Cette velléité d’allègement a immédiatement provoqué une levée de boucliers au sein des Vingt-Sept. Les États baltes et scandinaves, emmenés par la Lettonie, ont manifesté leur hostilité catégorique à l’égard de toute exemption.
Du côté ukrainien, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a vertement critiqué l’initiative française et luxembourgeoise, jugeant l’approche inadmissible alors que le pays subit une offensive militaire prolongée.
Leur retrait de la liste est inacceptable et enverrait un mauvais signal à Moscou au moment où la pression doit s’intensifier.
Andriï Sybiga, Ministre ukrainien des Affaires étrangères
Ces vives protestations font écho aux déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait averti ses homologues européens qu’il ne s’agissait en aucun cas de sauver les oligarques russes des sanctions
ou d’adopter des mesures s’apparentant à des cadeaux diplomatiques accordés au Kremlin comme le soulignent les chroniques diplomatiques.
Le calendrier critique et la modification de la règle des six mois
L’urgence est d’autant plus marquée que le régime actuel de sanctions doit impérativement être renouvelé à échéance fixe. Le mécanisme juridique européen impose une reconduction semestrielle, dont la date butoir a été fixée à mercredi minuit. Sans un consensus unanime avant ce terme, l’ensemble des mesures coercitives s’éteindrait automatiquement.
Pour prémunir l’Union européenne contre ce risque de blocage récurrent, les représentants permanents ont examiné une modification structurelle des textes d’après les informations recueillies auprès des délégations.
- Un report de la périodicité de renouvellement, proposé pour passer de six à 36 mois.
- Le maintien global du gel des avoirs et des interdictions de voyager pour les milliers d’autres personnes visées.
- La poursuite des tractations techniques pour surmonter le veto letton.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé depuis New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU que le maintien de la pression sur la Russie demeure le pilier central de l’action communautaire selon les comptes-rendus de la conférence de presse. Les délégations devaient reprendre leurs travaux dès le lendemain matin à 08h00 heure locale afin de tenter de concilier les exigences de sécurité nationale de certains États membres et l’impératif d’unité face à Moscou.