Une nouvelle étude publiée dans Nature Medicine montre que le test sanguin multikancers Galleri de GRAIL, évalué dans le cadre de l’essai PATHFINDER 2 auprès de plus de 35 878 adultes, multiplie par 6,5 le nombre de cancers détectés lorsqu’il est associé aux dépistages standard recommandés.
L’essai clinique PATHFINDER 2, mené auprès de 35 878 adultes âgés de 50 ans et plus à travers les États-Unis et le Canada, apporte un éclairage inédit sur l’efficacité des tests sanguins de dépistage multicancéreux. Selon les résultats publiés dans Nature Medicine par l’Oregon Health & Science University Knight Cancer Institute, l’analyse combinée d’un simple prélèvement sanguin avec les recommandations cliniques actuelles permet de repérer des tumeurs invisibles ou négligées par les examens traditionnels.
Les performances et la spécificité du test Galleri
Le test Galleri s’appuie sur un algorithme d’apprentissage automatique capable d’examiner les schémas chimiques qui distinguent l’ADN acellulaire issu de cellules saines de celui provenant de cellules cancéreuses. Lors de cette vaste étude nord-américaine, l’outil a détecté un signal de cancer chez 287 participants. Parmi ces cas, 173 ont reçu un diagnostic confirmé de cancer, ce qui représente une valeur prédictive positive.
Nima Nabavizadeh, auteur principal de l’étude et professeur de médecine des rayonnements à l’OHSU Knight Cancer Institute, a expliqué que ce qui est souvent mal compris est le taux de faux positifs extraordinairement bas en raison de la spécificité élevée voulue et intégrée dès la conception.
Le test a également affiché une spécificité élevée, limitant le taux de faux positifs. Pour les chercheurs, ce niveau de confiance offre un net avantage par rapport aux incertitudes souvent associées aux bilans de santé préventifs.
Combler le vide des cancers sans dépistage de masse
Aujourd’hui, les programmes de routine ciblent principalement cinq localisations, à savoir le sein, le col de l’utérus, le colon, les poumons et la prostate. Pourtant, les autres types de tumeurs, comme celles du pancréas, des ovaires, du foie ou des voies biliaires, demeurent souvent à l’origine de la majorité des décès.

Nima Nabavizadeh, directeur de la recherche clinique sur le dépistage précoce à l’OHSU, a souligné que nous ne dépistons que cinq cancers, alors que ceux que nous ne pouvons pas dépister causent jusqu’à 70 % des décès par cancer dans ce pays, et que c’est le fossé que ce test sanguin aide à combler.
Près de la moitié ont été identifiées aux stades 1 ou 2, et près de trois quarts aux stades 1 à 3, au moment où les traitements curatifs conservent de meilleures chances de succès.
Un impact direct sur les patients
L’établissement de l’Oregon Health & Science University a joué un rôle moteur en recrutant environ 6 100 participants via son équipe dédiée. Parmi eux, Franklin Weingarten, un ancien médecin de 84 ans, a bénéficié d’une détection précoce d’un cholangiocarcinome, un cancer rare des voies biliaires qui ne dispose d’aucun examen de routine préventif.

Franklin Weingarten, patient et ancien médecin participant à l’étude, a indiqué que s’il avait attendu d’avoir le moindre symptôme, la maladie aurait été essentiellement incurable, qu’on lui avait déjà accordé une prolongation de vie de deux ans et qu’il s’attendait à vivre encore pas mal d’années, tout en précisant qu’on lui avait affirmé qu’aucun autre examen n’était nécessaire et qu’il était guéri.
L’intervention chirurgicale a permis de lui retirer une portion du foie. Aujourd’hui âgé de 88 ans, il demeure exempt de la maladie. Les équipes médicales rappellent que sans cet outil d’analyse sanguine, le diagnostic serait probablement intervenu au stade d’une jaunisse aux urgences, à un moment où l’affection serait devenue inopérable.
Perspectives réglementaires et prochaines étapes
Ces conclusions scientifiques interviennent alors que le dossier d’évaluation fait l’objet d’un examen approfondi par les autorités sanitaires américaines. Les résultats de l’étude menée par l’institution de l’Oregon constituent la base technique soumise à l’agence fédérale pour évaluer une potentielle mise sur le marché du dispositif.
Les cliniciens insistent sur le fait que l’examen sanguin ne se substitue en aucun cas aux protocoles de radiographie ou de coloscopie existants, mais qu’il constitue un complément stratégique pour repérer précocement des signaux silencieux.