Le maire de Tanger, Mounir El Limouri, aurait quitté le Maroc pour l’Espagne alors qu’une enquête judiciaire vise des bulletins électoraux irréguliers découverts le 23 septembre 2026 près de l’école Al Qods. Un avis de recherche a été lancé par la police judiciaire contre le premier édile, dans le cadre des investigations menées suite aux événements du centre de vote de l’école Al Qods, située dans le secteur de Kasbarata.
L’affaire éclate au lendemain des élections législatives organisées le 23 septembre 2026, auxquelles ont participé 15,8 millions d’électeurs inscrits avec un taux de participation national s’établissant à 38,02 %. Le bureau de vote n°84 est particulièrement concerné par ce dossier, des mouvements de protestation y ayant éclaté suite à la découverte d’un sachet renfermant des bulletins de vote suspectés d’être falsifiés et marqués au profit du Parti authenticité et modernité (PAM). Par ailleurs, des sources rapportent qu’un autre sachet de pièces électorales non conformes a été retrouvé aux mains d’un citoyen au sein du bureau de vote n°82, établi à l’école Al Qods au cœur du quartier Casabarata, une interpellation immortalisée par une vidéo devenue virale sur le web et ayant provoqué un fort retentissement.
Une enquête judiciaire ouverte par le parquet de Tanger
Le procureur général du Roi près le tribunal de première instance de Tanger a réagi dans un communiqué annonçant « l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur cette affaire », précisant que les suspects ont été « placés en garde à vue pour les besoins de l’investigation » et que « les suites légales appropriées seront prises dès la clôture des enquêtes ». D’après les éléments rapportés, cinq personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, tandis que des sources indiquent que trois personnes auraient été arrêtées.
Les services de la police judiciaire ont également enregistré la saisie d’une vidéo montrant l’interpellation d’un individu en possession des documents litigieux, une séquence qui a provoqué un vif émoi sur les réseaux sociaux. Les investigations se poursuivent et d’autres noms pourraient encore être associés au dossier à mesure que l’enquête progresse.
Le nom du maire cité par un suspect en garde à vue
D’après les informations rendues publiques, l’individu appréhendé dans le bureau de vote alors qu’il transportait le sac de bulletins aurait immédiatement mis en cause quatre personnes lors de son interrogatoire, parmi lesquelles figure le maire de Tanger, Mounir El Limouri, également connu sous l’appelation de Mounir Laymouri, qui exerce en outre les fonctions de directeur de campagne pour sa formation politique. El Limouri est l’une des principales figures locales du PAM à Tanger, ayant rejoint le parti en 2009 et gravi les échelons jusqu’à devenir secrétaire provincial du parti dans la préfecture de Tanger-Assilah, puis président du Conseil communal de Tanger le 22 septembre 2021 et directeur de campagne de la tête de liste Abdelatif El Ghalbzouri pour les législatives du 23 septembre 2026.
Des enquêteurs de la police judiciaire se sont déplacés au domicile du magistrat municipal afin de procéder à une confrontation avec le suspect interpellé, qui milite dans la même formation politique.
Un départ vers l’Espagne et une note de recherche nationale
Les services compétents ont appris son départ jeudi soir du territoire national à destination de l’Espagne, le maire et sa famille ayant quitté le territoire marocain pour s’y rendre. Suite à ces développements, les instances de la police judiciaire tangéroise auraient transmis un mandat de recherche visant le premier responsable de la ville.

Pour sa part, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a attesté de la survenance de deux incidents distincts dans autant de bureaux de vote de cet établissement scolaire lors du scrutin législatif du 23 septembre. La présidente de l’institution, Amina Bouayach, a souligné que les opérations électorales s’étaient déroulées de manière globale dans des conditions régulières, tout en signalant que le rapport dressé par le Conseil au sujet de ces anomalies sera transmis au ministère public en renfort aux investigations menées par la justice.