Duhaime soutient Pelchat face aux « aberrations bureaucratiques »
À l'approche du scrutin du 5 octobre 2026, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s'est rendu au Domaine Pelchat Lemaître-Auger à Saint-Joseph-du-Lac pour…
À l’approche du scrutin du 5 octobre 2026, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s’est rendu au Domaine Pelchat Lemaître-Auger à Saint-Joseph-du-Lac pour promettre l’abolition des réglementations jugées superflues encadrant l’agrotourisme et les spectacles en zone agricole, apportant son soutien au chanteur et vigneron Mario Pelchat.
La campagne électorale provinciale a pris une tournure artistique et agricole ce dimanche 27 septembre 2026. L’Assemblée nationale étant dissoute depuis la convocation des électeurs pour le vote prévu le 5 octobre, le chef conservateur a multiplié les critiques contre l’administration en place.
Le conflit juridique autour des spectacles au Domaine Pelchat Lemaître-Auger
Les déboires du Domaine Pelchat Lemaître-Auger avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec remontent à plusieurs années. Le vigneron, récompensé par six trophées Félix, avait aménagé une salle de 250 places pour y présenter des spectacles en marge de ses dégustations de vins, un projet bloqué par l’organisme à la suite d’une plainte invoquant la protection du territoire agricole d’après un reportage du journal Le Devoir.
Après avoir essuyé un refus de la CPTAQ en 2024 et une décision défavorable du Tribunal administratif du Québec en janvier dernier, l’artiste a dû renoncer aux concerts en 2026, optant à la place pour une projection historique sur écran qui a pénalisé ses ventes.
L’engagement du Parti conservateur du Québec contre la surréglementation
Lors de son allocution au vignoble, Éric Duhaime a martelé que le Québec croule sous un volume excessif de contraintes administratives. Le chef politique a affirmé que la province recenserait pas moins de 146 000 exigences réglementaires, soit deux fois et demie le volume observé en Alberta selon les précisions rapportées par Actualitepolitiqueduquebec.
Photo : Cité Boomers
Picosser un artiste et un producteur agricole avec des tracasseries bureaucratiques et administratives, avec des règlements tatillons sur des salles de spectacle, ça ne protège pas l’agriculture et ça ne protège surtout pas notre culture.
Photo : Ledevoir
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, via Le Devoir
Il a particulièrement visé les dispositions du Règlement sur l’autorisation d’aliénation ou d’utilisation d’un lot sans l’autorisation de la CPTAQ, qui limitent les exploitations agricoles à vingt réceptions par année et à un maximum de 100 invités par événement.
Ici, au vignoble Pelchat Lemaître-Auger, il y a une magnifique salle qui peut accueillir facilement 250, voire 300 personnes. Quand même qu’il y aurait 100, 200 ou 300 personnes, quand même qu’il y aurait 20, 40 ou 80 soupers-spectacles par année, la salle est déjà là, elle est déjà construite, et aucune terre agricole n’est perdue nulle part, peu importe le niveau d’utilisation de la salle. C’est simplement du gros bon sens.
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, via Cité Boomers
Les répercussions financières et la réaction du milieu agricole
L’interdiction de tenir des spectacles a lourdement pesé sur la santé financière du domaine. Sans les rassemblements qui attiraient les visiteurs, l’écoulement des vins s’avère ardu, d’autant plus que l’établissement ne bénéficie pas de l’homologation d’indicatif géographique protégé lui permettant de distribuer ses bouteilles par l’entremise de la Société des alcools du Québec d’après les précisions de Le Devoir.
Vision Duhaime #5 – Mario Pelchat se fait interdire de chanter sur son vignoble? Avec Anne Casabonne
De son côté, l’Union des producteurs agricoles défend une vision différente de l’utilisation du territoire. Le président de l’UPA, Martin Caron, avait publiquement salué la position de la CPTAQ en juin 2015, estimant que le projet de l’entreprise s’éloignait de la pratique agricole fondamentale et de sa valorisation rappelle Le Devoir. En réaction, Éric Duhaime a concédé que les producteurs ne font pas unanimité sur le sujet, qualifiant la position de l’UPA de recherche de compromis propre à un rôle de lobby.
Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.