Le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a annoncé le 28 septembre 2026 la réouverture d’une enquête criminelle concernant des accusations de viol collectif visant sept membres de la fraternité Chi Phi à l’université Cornell en octobre 2024, à la suite d’une plainte au civil déposée plus tôt dans le mois.
La procédure pénale relancée par le parquet de l’État de New York fait suite à une action en justice introduite le 16 septembre 2026 devant la Cour suprême de l’État. Une ancienne étudiante de l’université Cornell, désignée sous le nom de Jane Doe dans les documents judiciaires, accuse sept anciens et actuels membres de la fraternité Chi Phi de l’avoir droguée et agressée sexuellement dans la nuit du 19 octobre 2024 au sein de la maison de la fraternité.
L’affaire a pris une ampleur nationale après la médiatisation de la plainte civile, qui détaille les circonstances de l’agression présumée. Face à la vive émotion suscitée dans le public et au sein de la communauté universitaire, le procureur du comté de Tompkins a décidé de soumettre le dossier à un grand jury.

Le revirement du parquet et les éléments nouveaux de la plainte
En novembre 2024, le bureau du procureur avait conclu à l’absence de charges pénales. Interrogé sur ce premier classement sans suite, Matthew Van Houten a expliqué que les déclarations initiales de la plaignante auprès de la police ne permettaient pas d’établir l’absence de consentement ou un état d’incapacité physique au moment des faits. Elle ne mentionne pas avoir été droguée à son insu, a précisé le magistrat.
La plainte civile introduite en septembre 2026 présente toutefois des éléments que le parquet qualifie de dramatiquement différents de la déclaration initiale. Selon le document juridique, l’étudiante aurait été soumise à des pressions pour consommer de la marijuana, de l’alcool fort et de la kétamine, avant d’être agressée pendant des heures. L’action en justice cite également un message diffusé sur l’application Snapchat via un groupe baptisé Chi Phi Actives
, par lequel l’un des membres aurait incité d’autres étudiants à rejoindre la pièce.
Thomas P. Giuffra, l’avocat de la plaignante, a contesté la lecture faite par le parquet des déclarations initiales, affirmant que sa cliente n’avait jamais été contactée par des enquêteurs dotés d’une formation spécialisée en matière d’agressions sexuelles. Pas un seul de ces gars n’a été arrêté. Pas un seul. Ça, je peux vous le dire pour un fait
, a déclaré l’avocat, cité par CBS News.
Les sanctions disciplinaires prises par l’université Cornell
L’université Cornell a indiqué qu’elle soutenait la décision de rouvrir les investigations pénales. Dans le même temps, l’établissement a défendu la gestion de son enquête interne menée en 2024 par l’Office des droits civils et l’Office de la discipline et des standards communautaires.

Selon les communiqués de l’université, la section locale de la fraternité Chi Phi a été fermée dès 2024 et demeure exclue du campus.
Toute suggestion selon laquelle l’université n’a pas imposé de sanctions consécutives aux personnes impliquées est fausse. La perpétuation d’un faux narratif selon lequel il y a eu des conséquences minimales dans cette affaire est irresponsable.
Kyle Kimball, vice-président des relations universitaires, via The Globe and Mail
Les réactions politiques et les prochaines étapes judiciaires
L’affaire a également provoqué des prises de position au niveau politique. Lors d’un rassemblement public près du campus de Cornell, la représentante fédérale Alexandria Ocasio-Cortez a condamné ce qu’elle a qualifié de culture du viol au sein des institutions d’élite, estimant que la victime avait dû abandonner ses études à la suite des événements.
Du côté de la procédure, le procureur Matthew Van Houten a confirmé son intention de présenter l’ensemble des éléments actualisés à un grand jury du comté de Tompkins. Cette démarche ne constitue pas une inculpation automatique, mais permettra aux jurés d’évaluer si les nouveaux éléments contenus dans la plainte civile justifient l’engagement de poursuites criminelles formelles contre les sept personnes visées.