Le lutteur Babacar Diallo, connu sous le pseudonyme de Boy Dakar
, a été placé en garde à vue à la Sûreté urbaine de Dakar le 1er octobre 2026. Cette arrestation fait suite à des investigations de la Direction de l’automatisation du fichier concernant des soupçons de faux documents administratifs.
L’enquête de la Sûreté urbaine et les anomalies du registre de Bourguiba
L’affaire débute par des vérifications menées par la Direction de l’automatisation du fichier (DAF), qui conduit les enquêteurs à s’intéresser aux pièces administratives de Babacar Diallo selon les informations de la Sûreté urbaine de Dakar. Le lutteur, né en 1991 à Dakar d’un père d’origine guinéenne, apparaît dans une déclaration de naissance enregistrée à l’état-civil de Bourguiba sous le numéro 2468 en 1993.
L’examen minutieux du registre n°2468 de cette année-là révèle de graves irrégularités. D’après les constatations rapportées par la presse, le document n’est ni coté, ni paraphé, ni clôturé, ni authentifié. Des pages entières manquent à l’appel : le document s’ouvre sur le numéro 2433 pour s’achever directement au numéro 2599.

Plus troublant encore, la page 2468, censée attester de la naissance du sportif, présente des surcharges et des ratures effectuées au blanco. Elle porte initialement le nom d’une autre personne, D. Diagne, née le 20 décembre 1982. Des références d’une fiche individuelle délivrée par le procureur de la République près le tribunal d’instance hors classe de Dakar le 15 septembre 1992 figurent également au bas de cette même page.
Les auditions et les contradictions du père de l’athlète
Confronté à ces incohérences lors de son interrogatoire, le lutteur renvoie la responsabilité vers sa famille, affirmant que seul son père connaît les circonstances exactes de sa déclaration à l’état-civil.
Entendu à son tour par les enquêteurs de la police, le père soutient avoir personnellement déclaré son fils à l’état-civil de Bourguiba et avoir reçu les documents correspondants trois jours plus tard. Néanmoins, il affirme ne rien savoir au sujet d’un jugement n°1772 de l’année 1993 émanant du tribunal d’instance hors classe de Dakar.

La DAF lui oppose alors un élément nouveau : Babacar Diallo aurait fait l’objet d’un jugement transcrit le 28 décembre 1993 dans la même commune. Face à cette révélation, le père rejette formellement toute implication, martelant n’avoir jamais initié la moindre démarche judiciaire pour son fils.
Un réseau de fraude administrative présumé au cœur de l’arène dakaroise
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de contrôles stricts menés par les autorités sénégalaises sur l’obtention des papiers d’identité. Les investigations font suite à une autre procédure similaire concernant le lutteur Bébé Diène, qui a reconnu s’appeler Amadou Cheikhou Diallo et être de nationalité guinéenne après avoir obtenu frauduleusement un acte de naissance sénégalais pour se procurer une carte nationale d’identité, un passeport et une licence de lutte.
Dans la procédure actuelle visant Boy Dakar, les infractions reprochées portent sur la détention et l’usage de faux documents administratifs ainsi que sur l’obtention indue de pièces officielles. Un autre dossier mené conjointement concerne une commerçante née en 1998, interpellée dans les mêmes circonstances alors qu’elle sollicitait une carte d’identité CEDEAO auprès de la DAF selon les précisions fournies par les services d’enquête.