Le mouvement de blocage des lycées s’étend en France, touchant des établissements et provoquant des heurts violents, des dégradations par incendie et des interpellations.
La mobilisation lycéenne bascule dans la violence urbaine
La contestation, initialement portée par des revendications sur les conditions d’étude et le manque de professeurs dans plusieurs lycées d’Île-de-France, s’est transformée en affrontements à travers le pays. Le ministère de l’Intérieur constate une nette extension de la mobilisation, tandis que les ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez et de l’Éducation nationale Édouard Geffray qualifient la situation de critique.
Le nombre total d’interpellations a atteint des arrestations à travers le territoire, réparties entre des interpellations signalées initialement et supplémentaires enregistrées au cours des derniers jours de contestation.
Des incendies volontaires éclatent dans les établissements
À proximité, au lycée professionnel Paul-Émile-Victor d’Avrillé, des salles de classe ont été incendiées et du matériel informatique a été dérobé puis brûlé dans la rue pendant que les actions de blocage cédaient la place à des dégradations.
La situation s’est avérée tout aussi critique à Nantes, où le hall du lycée Mandela a été victime d’un incendie volontaire alors que des personnes se trouvaient encore à l’intérieur. Des incidents similaires ont été constatés à Bordeaux avec des tirs de mortier et des départs de feu sur les façades, ainsi qu’à Marseille où un camion de pompiers a été incendié.
« Au moment où il y a eu les premiers départs de feu, il y avait encore des gens à l’intérieur et juste devant la porte. Quand on s’est retrouvés face au feu, à voir le gros départ de feu, on a quand même eu peur pour les gens qui étaient encore à l’intérieur. »
Un lycéen témoin des faits, via franceinfo
Le gouvernement et La France insoumise s’affrontent
Réunie en cellule interministérielle de crise, l’exécutif a estimé que les événements ne relèvent plus de revendications scolaires mais de violences urbaines orchestrées par La France insoumise et ses alliés de l’ultragauche. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé sur le réseau X une surenchère irresponsable de certains élus cherchant à instrumentaliser la colère des jeunes.

Syndicats lycéens et oppositions s’opposent sur l’origine des violences, de nombreux élèves assurant que les dégradations sont le fait d’individus extérieurs venus de l’extérieur des enceintes scolaires.
Des enquêtes ciblent les méthodes de maintien de l’ordre
Le ministre de l’Éducation nationale a acté le basculement temporaire de plusieurs lycées vers l’enseignement en distanciel pour assurer la mise en protection des élèves et des équipes pédagogiques. Le Garde des Sceaux Gérald Darmanin a également réuni en visioconférence les procureurs généraux afin de coordonner la réponse pénale face aux interpellations en série.
L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie de trois enquêtes distinctes portant sur des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD) ayant blessé grièvement des manifestants au visage ou aux jambes, notamment à Sevran, Saint-Ouen-l’Aumône et Tours.