Publié le 2025-12-10 04:08:00. Alors que la pression militaire américaine s’intensifie sur le Venezuela, les habitants de Caracas, déjà éprouvés par des années de crise, semblent résignés, voire indifférents, face à la menace d’une intervention. Un photojournaliste du New York Times témoigne d’une ville qui, paradoxalement, retrouve une forme de normalité.
Le déploiement, le mois dernier, du plus important navire de guerre américain dans les eaux caribéennes illustre la montée des tensions. L’administration Trump envisage ouvertement une action militaire pour destituer Nicolás Maduro, l’actuel dirigeant vénézuélien.
Ces dernières années, Caracas a été le théâtre de pénuries alimentaires, de manifestations souvent réprimées dans la violence, et d’une instabilité chronique. Chaque événement, même mineur, avait le pouvoir de paralyser la ville : commerces fermés, stocks constitués par une population terrifiée, et une vie sociale confinée.
Aujourd’hui, la situation a changé. Les habitants, épuisés par les crises successives et privés des ressources nécessaires pour se préparer à de nouvelles difficultés, semblent avoir atteint un point de saturation. La démonstration de force américaine, loin de susciter l’inquiétude, laisse la plupart des Caraqueños indifférents. Une ville habituée au chaos et à la criminalité réagit avec une étonnante passivité à la menace qui plane au large de ses côtes.
Salsa et baseball
Depuis 2012, je couvre les bouleversements politiques, sociaux et économiques du Venezuela en tant que photojournaliste. Bien que je n’habite plus à Caracas depuis huit ans, j’y retourne régulièrement. Lors de mon dernier séjour, j’ai été frappé par le contraste entre les difficultés persistantes et une volonté palpable de retrouver une vie normale. La ville m’est apparue… pleine d’énergie.
J’ai observé des habitants qui s’efforcent de danser, de jouer au baseball, de se divertir malgré tout. Ils cherchent à maintenir un semblant de quotidien, à préserver les petits plaisirs qui leur restent.
Source de l’article
Le New York Times
(New York)
Avec 1 700 journalistes, une trentaine de bureaux à l’étranger, plus de 130 prix Pulitzer et plus de 11 millions d’abonnés au total à la fin de l’année 2024, Le New York Times est le quotidien de référence aux États-Unis, dans lequel on peut lire « toutes les nouvelles dignes d’être imprimées » (“toute l’information digne d’être publiée”).
Dans son édition dominicale, on trouve notamment La critique de livre du New York Times, un supplément livres qui fait autorité, et l’inégalé Magazine du New York Times. La famille Ochs-Sulzberger, qui, en 1896, a pris la direction de ce journal créé en 1851, est toujours à la tête du quotidien de centre gauche.
Quant à l’édition web, qui revendique à elle seule plus de 10 millions d’abonnés à la fin de 2024, elle propose tout ce que l’on peut attendre d’un service en ligne, avec en plus des dizaines de rubriques spécifiques. Les archives regroupent des articles parus depuis 1851, consultables en ligne à partir de 1981.
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