Publié le 11 décembre 2025. L’utilisation de médicaments comme le sémaglutide pour perdre du poids après l’accouchement est en augmentation, suscitant l’inquiétude des experts quant aux risques potentiels pour la mère et le nourrisson, en particulier pendant l’allaitement.
- Une étude danoise révèle une hausse significative de la prescription de médicaments amaigrissants aux jeunes mères.
- Les experts mettent en garde contre le manque de données sur les effets de ces médicaments pendant la période post-partum et l’allaitement.
- Le sémaglutide, un mimétique des incrétines, est de plus en plus utilisé pour éliminer rapidement la « graisse de bébé ».
De nombreuses femmes souhaitent retrouver leur silhouette d’avant la grossesse après l’accouchement. Face à cette pression, certaines se tournent vers des solutions rapides, comme les injections de sémaglutide, un médicament initialement conçu pour traiter le diabète de type 2. Une récente étude menée par une équipe de l’Université Syddansk d’Odense (Danemark) révèle une tendance inquiétante : l’utilisation de ces médicaments est en forte augmentation chez les jeunes mères.
L’étude, basée sur l’analyse des données du registre médical danois des naissances et du registre national des prescriptions, montre qu’environ 1 600 femmes (soit environ 1 %) sur un total de 382 000 grossesses entre 2018 et 2024 ont obtenu au moins une prescription de mimétique des incrétines dans les 182 premiers jours suivant la naissance. Le sémaglutide est particulièrement prisé pour une perte de poids rapide après l’accouchement.
Les mimétiques des incrétines, tels que le sémaglutide, agissent en stimulant la sécrétion d’insuline et en réduisant la sécrétion de glucagon, ce qui abaisse le taux de sucre dans le sang. Ils diminuent également l’appétit, entraînant une réduction de l’apport énergétique. Cependant, les chercheurs soulignent l’absence quasi totale de données concernant les effets de ces médicaments sur la santé de la mère et de l’enfant pendant la période post-partum.
« Le fait que tant de personnes se tournent vers des médicaments amaigrissants représente un changement sérieux sur une courte période de temps – et qui s’est produit sans une compréhension claire de ses conséquences »,
Auteurs de l’étude
Un risque particulier est soulevé concernant les femmes qui allaitent. Les informations disponibles sur le sémaglutide indiquent qu’un passage du principe actif dans le lait maternel ne peut être exclu, ce qui justifie d’éviter son utilisation pendant l’allaitement. Des études menées sur des rats ont d’ailleurs confirmé cette possibilité.
Les chercheurs appellent donc à des études plus approfondies pour évaluer les effets secondaires et les risques potentiels de ces médicaments chez les nouvelles mères et leurs bébés. Ces recherches permettraient d’établir des directives cliniques claires et de favoriser une prise de décision éclairée, partagée entre les professionnels de la santé et les patientes.
