Orchestré par l’entreprise Skeyes, ce conflit social perturbe des centaines de vols et des dizaines de milliers de passagers jusqu’au 10 octobre.
Le trafic aérien s’apprête à vivre des semaines délicates en Belgique. Un syndicat représentant les contrôleurs aériens de l’aéroport de Charleroi a confirmé l’arrêt du travail pour une période de vingt-quatre nuits, du 16 septembre au 10 octobre inclus. La grève est observée chaque soir de 22 heures à 8 heures du matin, suite à l’échec des négociations de conciliation menées entre partenaires sociaux.
Un impact chiffré qui divise les autorités et l’aéroport
L’ampleur exacte des perturbations fait l’objet d’évaluations contrastées selon les acteurs institutionnels. L’entreprise Skeyes, qui gère le contrôle du trafic aérien dans le pays, chiffre l’impact à environ 832 mouvements aériens touchés. Ce total se décompose en 487 vols matinaux et 345 rotations de nuit.

Du côté du gouvernement wallon, les estimations de passagers s’avèrent plus élevées. La ministre wallonne en charge des Aéroports, Cécile Neven, évoque un mouvement qui frappe directement l’aéroport de Charleroi, ses partenaires et jusqu’à 300.000 passagers
, selon une communication relayée par la RTBF. En revanche, le gestionnaire de l’infrastructure adopte une perspective plus mesurée. Le porte-parole du Brussels South Charleroi Airport indique que le mouvement pourrait toucher jusqu’à 150.000 passagers au total. On parle d’un peu plus de 5500 passagers par jour
.
Le nœud gordien des primes de nuit et la fermeture théorique
L’origine de la fronde sociale réside dans un désaccord profond concernant l’octroi et le calcul des indemnités pour le travail de nuit. Le préavis initial avait été déposé le 29 juillet, ouvrant la voie à une procédure de conciliation qui s’est achevée par un constat d’échec ce lundi. Selon l’entreprise, cette indemnité dépasse déjà les 1.000 euros par service et par contrôleur
, une exigence impossible à satisfaire puisque l’infrastructure aéroportuaire ferme ses portes la nuit.

Les organisations syndicales rejellent formellement cette lecture des faits. Du côté de la CSC, le discours met en avant une absence totale d’avantages pour les heures nocturnes :
Contrairement à ce qui a été affirmé, les contrôleurs concernés ne réclament pas une augmentation de primes existantes : ils ne bénéficient actuellement d’aucune indemnité spécifique pour le travail de nuit, alors qu’ils assurent pourtant, comme leurs collègues d’autres centres, des services essentiels en soirée, durant la nuit et au petit matin.
La CSC, via RTL Info et L’Avenir
Cette position est relayée par le syndicat libre VSOA/SLFP. Face à l’impasse, les contrôleurs ont estimé n’avoir d’autre choix que d’activer leur mot d’ordre, qualifiant la décision de prise en dernier recours.
L’inquiétude des partenaires économiques et les recommandations pour les voyageurs
L’impact de ce conflit dépasse le cadre strict du dialogue social entre Skeyes et ses salariés. L’institution redoute des répercussions durables sur l’ensemble de la chaîne de sous-traitance, des compagnies aériennes aux entreprises locales gravitant autour de la plateforme.
Les perturbations nocturnes risquent également de se répercuter au réveil des pistes. Lorsque des appareils stationnés ne parviennent pas à regagner Charleroi durant la nuit, les premiers vols programmés le lendemain matin au départ de tarmac carolo subissent mécaniquement des retards ou des annulations en cascade.