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Alors que la Russie marque la répression politique de Staline, certains craignent que la sombre histoire du pays ne se répète | Nouvelles du monde

Publié le 2 novembre 2025 à 08h45. Sous l'ombre du siège du FSB, ancien bastion du KGB, les Moscovites déposent des fleurs en mémoire des victimes de la répression politique, un geste empreint de résonances troublantes dans le…

Alors que la Russie marque la répression politique de Staline, certains craignent que la sombre histoire du pays ne se répète | Nouvelles du monde

Publié le 2 novembre 2025 à 08h45. Sous l’ombre du siège du FSB, ancien bastion du KGB, les Moscovites déposent des fleurs en mémoire des victimes de la répression politique, un geste empreint de résonances troublantes dans le contexte actuel de durcissement du régime.

La place Loubianka, à Moscou, s’est parée de couleurs vives cette semaine. Des centaines de roses, d’hortensias et d’œillets ont été déposés autour de la pierre de Solovetski, un mémorial dédié aux victimes de la répression politique et aux milliers de personnes tuées sous le régime stalinien. Nombreux sont ceux qui venaient honorer la mémoire de leurs proches, ciblés lors des purges du dictateur, à l’occasion de la journée annuelle du souvenir.

Mais au-delà de la commémoration du passé, l’atmosphère était chargée d’une inquiétude palpable. Depuis l’invasion de l’Ukraine il y a plus de trois ans, la Russie semble mener une guerre sur deux fronts : un conflit armé contre son voisin et une répression intérieure croissante contre toute forme de dissidence. Selon l’association de défense des droits humains OVD-Info, plus de 20 000 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur opposition à la guerre.

La question se pose : l’histoire sombre de la répression russe est-elle sur le point de se répéter ? Iraida, présente à la pierre de Solovetski pour rendre hommage à ses arrière-grands-parents, répond sans hésitation :

« C’est tout à fait possible. Il suffit de dire la mauvaise chose, de penser différemment, d’écouter la mauvaise chaîne, de chanter la mauvaise chanson. C’est très triste que les gens ne puissent pas exprimer leurs pensées. »

Le cas du rappeur russe Noize MC illustre cette réalité. Exilé, il a été qualifié d' »agent étranger » par les autorités en raison de ses critiques envers le Kremlin. Sa chanson « Swan Lake Cooperative » a été interdite, accusée d’inciter à des « changements violents dans les fondements de l’ordre constitutionnel ». Pourtant, un groupe de jeunes musiciens de rue à Saint-Pétersbourg a récemment interprété ce morceau, et les images de leur performance improvisée sont devenues virales sur les réseaux sociaux.

Le groupe, appelé Stoptime, a également interprété « You Are A Soldier » de Monetochka, une autre artiste anti-guerre classée comme « agent étranger » et vivant en exil. Pour ceux qui s’opposent à la politique actuelle de la Russie, c’était un acte de résistance. Mais cet acte n’est pas resté impuni. Les trois membres adolescents de Stoptime ont été rapidement arrêtés, jugés et emprisonnés. Initialement accusés d’avoir organisé un rassemblement illégal, ils sont désormais confrontés à des accusations plus graves, notamment celle de « discrédit de l’armée russe », qui pourraient entraîner de lourdes peines de prison.

Cette affaire est un nouvel exemple de la répression croissante de la dissidence en Russie, où toute forme de protestation, réelle ou perçue, est systématiquement étouffée. Maxim Kruglov, chef adjoint du parti libéral Yabloko, opposé à la guerre en Ukraine, a également été convoqué devant les tribunaux cette semaine, accusé de diffusion de fausses informations sur les forces armées. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à dix ans de prison.

Nikolai Rybakov, leader de Iabloko, dénonce un véritable « re-stalinisme » :

« C’est l’atmosphère qui règne dans le pays, une atmosphère de danger et, bien sûr, un climat de peur. »

L’atmosphère était palpable à la pierre de Solovetski, autrefois un lieu de rassemblement pour les partisans du défunt chef de l’opposition Alexeï Navalny. La présence policière était massive : deux fourgons de police stationnés à proximité, des dizaines d’officiers armés prêts à intervenir et de nombreux agents du FSB en civil prenant des photos et des vidéos des personnes présentes. Déposer des fleurs sur ce lieu pouvait être interprété comme un acte de défiance.

Un homme âgé est apparu avec une pancarte autour du cou portant les lettres « SVO », acronyme russe fréquemment utilisé pour désigner la guerre en Ukraine, que le Kremlin continue de qualifier d' »opération militaire spéciale ». L’intention de cet homme n’était pas claire, mais sa présence a immédiatement créé des tensions. La police a commencé à se rapprocher, des murmures nerveux ont retenti dans les radios. Une nouvelle arrestation était-elle imminente ? Finalement, les policiers se sont retirés lorsque l’homme a commencé à allumer des bougies et à déposer des fleurs, laissant entendre que les lettres avaient une autre signification. Un sursis rare, mais révélateur de la fragilité de la situation.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.