Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Animateur Doordarshan accuse étudiant Delhi d’être pakistanais

L'animateur de Doordarshan, Ashok Shrivastav, a accusé Vedant Srivastava, un élève de terminale à Delhi, d'être pakistanais le 23 mai 2026. Cette accusation, relayée sur X, faisait suite aux plaintes de l'étudiant concernant des erreurs de notation du…

Le chaos de la notation sur écran du CBSE

L’animateur de Doordarshan, Ashok Shrivastav, a accusé Vedant Srivastava, un élève de terminale à Delhi, d’être pakistanais le 23 mai 2026. Cette accusation, relayée sur X, faisait suite aux plaintes de l’étudiant concernant des erreurs de notation du CBSE, avant que le journaliste ne s’excuse après avoir découvert l’identité réelle du jeune homme.

L’incident ne se résume pas à une simple erreur d’identité sur les réseaux sociaux. Il cristallise une tension profonde entre une jeunesse indienne frustrée par un système éducatif en mutation et des figures médiatiques prêtes à brandir le nationalisme pour discréditer la critique. Au cœur du litige, le Central Board of Secondary Education (CBSE) fait face à une vague d’indignation sans précédent concernant ses méthodes d’évaluation.

Le chaos de la notation sur écran du CBSE

Le chaos de la notation sur écran du CBSE
Animateur Doordarshan
Le déclencheur de l’affaire est technique et administratif. Cette année, le CBSE a introduit un système de notation sur écran pour les évaluations de terminale. Si le ministère de l’Éducation et le conseil défendent l’outil au nom d’une meilleure objectivité, les résultats parlent d’eux-mêmes. Le taux de réussite est tombé à 85,2 %, le niveau le plus bas enregistré depuis 2019, selon des informations rapportées par Alt News. Les élèves signalent des erreurs grossières : scans flous, réponses non corrigées et totaux finaux ne correspondant pas à la somme des notes par page. Vedant Srivastava a été victime d’une défaillance majeure du processus de réévaluation. Après avoir demandé la copie de son épreuve de physique, il a découvert que le document téléchargé par le conseil n’était tout simplement pas le sien. La pression a été telle que le CBSE a dû réduire les frais de copie scannée, passant de 700 roupies à 100 roupies par matière. Cependant, le portail de réévaluation a crashé à plusieurs reprises lors des paiements, ajoutant à la frustration des étudiants.

L’accusation d’Ashok Shrivastav et la dérive nationaliste

L'accusation d'Ashok Shrivastav et la dérive nationaliste
cluster (priority): britannica.com
C’est dans ce contexte que Vedant a créé un compte sur X pour dénoncer son cas. Ashok Shrivastav, figure de proue de l’émission primetime Do Took sur Doordarshan News, a remarqué que la région indiquée sur le profil de l’élève était « Asie du Sud ». Sans vérification préalable, le journaliste a conclu que l’utilisateur était pakistanais. « Les Pakistanais ont-ils également passé les examens du CBSE ?!! » Ashok Shrivastav, animateur sur Doordarshan, via The Wire Le tweet, écrit avec sarcasme, a rapidement été amplifié par plusieurs influenceurs d’extrême droite, notamment les comptes @MrSinha_ et @HPhobiaWatch. Cette réaction transforme un problème de gestion administrative scolaire en une affaire d’espionnage ou d’ingérence étrangère, une rhétorique courante dans le paysage médiatique indien actuel. Forcé de supprimer son message après avoir réalisé que Vedant était bel et bien un étudiant indien, Shrivastav a présenté ses excuses à la famille. Toutefois, son excuse est restée ambiguë. Il a ajouté que « la raison pour laquelle l’emplacement de son tweet s’affiche en dehors de l’Inde n’est toujours pas connue », laissant planer un doute persistant malgré son erreur avouée.

L’explication technique des balises de localisation de X

Doordarshan Coverage | WE Pitch Delhi | Womennovator 2020
L’amalgame repose sur une méconnaissance du fonctionnement technique de la plateforme X. Siddhant Srivastava, le frère de Vedant, a apporté une précision cruciale pour contrer les insinuations du journaliste. Il a expliqué que pour un compte nouvellement créé, X met généralement entre un et trois jours pour identifier précisément un pays. « …sinon, cela affiche une région plus large » Siddhant Srivastava, frère de l’élève, via The Wire Vedant a lui-même publié une vidéo démontrant son incapacité à modifier manuellement l’indication « Asie du Sud » sur son profil. Ce délai de synchronisation géographique a suffi pour qu’un journaliste senior, censé incarner la rigueur informationnelle, transforme un bug d’interface en accusation politique.

Le contraste avec l’héritage de Doordarshan

Le contraste avec l'héritage de Doordarshan
cluster (priority): m.thewire.in
Cette erreur de jugement est d’autant plus frappante qu’elle émane de Doordarshan, le diffuseur public indien. Comme le rappelle Britannica, Doordarshan a été lancé le 15 septembre 1959 comme une transmission expérimentale depuis un studio de Delhi. Son nom même, combinaison des mots hindi door (loin) et darshan (vision), signifie « un aperçu de tout au loin ». L’institution a été le pilier de la communication nationale pendant des décennies, évoluant d’un service expérimental vers un département distinct sous le ministère de l’Information et de la Radiodiffusion le 1er avril 1976. Selon Prasar Bharati, l’organisation s’est construite sur la mission de prendre soin des intérêts de tous les groupes linguistiques, géographiques et culturels. Le tableau suivant résume l’évolution historique de l’organisme face à l’incident actuel :
Date Événement / Statut Valeur symbolique
15 sept. 1959 Lancement expérimental Début de la télévision publique indienne
1965 – 1975 Expansion (Delhi, Mumbai, Amritsar) Unification nationale par l’image
1er avril 1976 Autonomie administrative Institutionnalisation du service public
Mai 2026 Incident Ashok Shrivastav Crise de crédibilité et polarisation
L’incident Vedant Srivastava révèle une faille systémique : lorsque le service public, censé être le garant de la vérité et de l’unité, adopte les réflexes de suspicion des réseaux sociaux, il perd sa fonction de médiateur. L’affaire ne se terminera probablement pas avec un simple tweet d’excuses, car elle souligne l’urgence pour le CBSE de stabiliser son système de notation et pour les médias d’État de redéfinir leur rapport à la vérification des faits à l’ère numérique.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.