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Apollo parie contre les éditeurs de logiciels vulnérables à l’IA

by Thomas Caron

Publié le 14 décembre 2025 à 02h15. Le géant de la gestion d’actifs Apollo Global Management a récemment réduit son exposition aux entreprises de logiciels, anticipant un impact potentiel de l’intelligence artificielle sur le secteur. Cette stratégie témoigne d’une inquiétude croissante quant à la pérennité des modèles économiques traditionnels dans un paysage technologique en mutation.

  • Apollo Global Management a pris des positions courtes sur des prêts liés à des éditeurs de logiciels, avant de les liquider.
  • L’entreprise vise à réduire l’exposition de ses portefeuilles de crédit au secteur des logiciels à moins de 10 % de l’actif net.
  • D’autres acteurs du secteur financier, comme Blackstone, partagent ces préoccupations concernant les risques liés à l’IA.

Apollo Global Management, l’un des principaux gestionnaires d’actifs alternatifs au monde, a brièvement misé contre la dette de plusieurs entreprises spécialisées dans les logiciels d’entreprise. Cette stratégie, mise en œuvre au cours de l’année 2025, visait à anticiper les perturbations potentielles causées par l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Les entreprises concernées incluaient Internet Brands, SonicWall et Perforce.

L’entreprise craignait que les plateformes d’IA ne viennent automatiser des fonctions autrefois vendues comme des services logiciels à forte valeur ajoutée, exerçant ainsi une pression sur les marges bénéficiaires de ces entreprises. Cependant, ces paris, qui représentaient moins de 1 % de son portefeuille de crédit de 700 milliards de dollars (environ 625 milliards d’euros), ont été clôturés lorsque les prêts en question ont retrouvé une valeur supérieure à 80 cents par dollar.

Bien qu’Apollo reconnaisse que l’IA pourrait également s’avérer bénéfique pour certains éditeurs de logiciels, ses dirigeants ont préféré réduire leur exposition au secteur. Marc Rowan, lors d’une récente conférence, a déclaré :

« Je ne sais pas si cela concernera les logiciels d’entreprise, qui pourraient […] en bénéficier ou être détruits. En tant que prêteur, je ne suis pas sûr de vouloir être là pour le découvrir. »

Marc Rowan, dirigeant d’Apollo Global Management

Apollo s’efforce désormais de maintenir l’exposition aux logiciels dans ses portefeuilles de crédit en dessous de 10 %. Au début de l’année 2025, environ un cinquième de ses fonds de crédit privés étaient liés à des entreprises de logiciels, mais ce chiffre a été réduit de moitié. La société a identifié les entreprises les plus vulnérables aux perturbations de l’IA et ajuste ses investissements en conséquence.

Cette prudence est partagée par d’autres acteurs majeurs du secteur financier. Jonathan Gray, président de Blackstone, a averti que les investisseurs sous-estimaient le potentiel de perturbation lié à la technologie. Il a demandé à ses équipes d’évaluer de manière systématique les risques liés à l’IA dans leurs analyses d’investissement, en particulier pour les entreprises basées sur des règles et des processus automatisables.

« Nous avons dit à nos équipes de crédit et d’actions : abordez l’IA dès les premières pages de vos notes d’investissement. Si vous pensez aux entreprises basées sur des règles – juridiques, comptables, traitement des transactions et des réclamations – cela va être profond. »

Jonathan Gray, président de Blackstone

Depuis le début des années 2010, les entreprises de capital-investissement ont massivement investi dans le secteur des logiciels, attirées par des revenus récurrents et des marges solides. L’évolution rapide de l’IA pourrait remettre en question ces modèles économiques établis et inciter les investisseurs à adopter une approche plus prudente.

Pour en savoir plus sur les prévisions de Goldman Sachs concernant l’essor de l’IA, consultez cet article.

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