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Après 146 ans, le pays le plus pauvre de l’Union européenne abandonne sa monnaie et adopte l’euro

Publié le 1er janvier 2026 à 21h35. Après 146 ans de lev, la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l'Union européenne, a officiellement adopté l'euro en ce début d'année, une transition qui intervient dans un contexte politique…

Après 146 ans, le pays le plus pauvre de l’Union européenne abandonne sa monnaie et adopte l’euro

Publié le 1er janvier 2026 à 21h35. Après 146 ans de lev, la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l’Union européenne, a officiellement adopté l’euro en ce début d’année, une transition qui intervient dans un contexte politique particulièrement instable.

  • La Bulgarie a adopté l’euro le 1er janvier 2026, au taux fixe de 1 euro pour 1,95583 levs.
  • La conversion des comptes bancaires en euros s’est effectuée automatiquement entre 21h00 le 31 décembre et 1h00 le 1er janvier.
  • Cette décision, prise par un gouvernement intérimaire, suscite à la fois espoirs et craintes, notamment une possible hausse des prix.

La Bulgarie a franchi un cap historique en abandonnant sa monnaie nationale, le lev, pour rejoindre la zone euro. Cette transition, effective depuis le 1er janvier 2026, survient dans une période de turbulences politiques pour le pays des Balkans. La démission récente de l’exécutif, il y a trois semaines, a laissé le pays sous la direction d’un gouvernement intérimaire dépourvu de budget approuvé, qui se prépare à organiser des élections anticipées, les huitièmes en cinq ans, dès le mois de mars.

La mise en œuvre de la nouvelle monnaie s’est déroulée en douceur, avec une période de transition allant du 1er janvier au 30 juin. Durant cette période, les banques bulgares ont procédé à l’échange des billets et des pièces en levs contre des euros, sans frais, et au taux de change fixe de 1 euro pour 1,95583 levs. Selon l’Association des banques bulgares, la conversion des comptes bancaires en euros s’est effectuée automatiquement entre 21h00 le 31 décembre et 1h00 le 1er janvier, grâce à une mise à jour technique des systèmes de cartes bancaires.

Dès le début décembre, les banques avaient commencé à distribuer des kits de démarrage contenant des pièces en euros au design national bulgare, afin de faciliter la transition pour les citoyens. Tout au long du mois de janvier, les commerçants acceptent encore les anciens billets en levs, mais le rendu de monnaie se fait exclusivement en euros.

L’adoption de l’euro, qui intervient 19 ans après l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne, est accueillie favorablement par une partie de la population, mais suscite également des inquiétudes. La crainte d’une augmentation discrète des prix par les entreprises est palpable, et a conduit, ces dernières semaines, à de longues files d’attente devant les bureaux de change privés, malgré des taux de change moins avantageux que le taux officiel.

Un propriétaire de bureau de change à Varna a expliqué à l’agence EFE que de nombreux clients préfèrent éviter les banques pour ne pas avoir à justifier l’origine de leurs économies en espèces.

Le président bulgare, Rumen Radev, connu pour ses positions pro-russes, avait tenté, sans succès, de bloquer l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro, qu’il a qualifiée dans son message de Nouvel An de « dernière étape dans l’intégration de la Bulgarie à l’UE ».

De son côté, le gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie, Dimitar Radev, a affirmé que l’euro n’est pas seulement une monnaie, mais « un symbole d’appartenance ». Il a souligné que l’adoption de la monnaie unique signifie que la Bulgarie « n’est pas à la périphérie, mais dans un espace de normes communes, de confiance et de responsabilité ».

« Je suis convaincu que la suppression de notre monnaie nationale aurait dû être prise après consultation du peuple, mais les dirigeants n’ont pas voulu écouter les citoyens. »

Dimitar Radev, gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie

Il a ajouté : « Parce que la Bulgarie est l’Europe. Et l’Europe est la Bulgarie. »

La nouvelle monnaie a été célébrée lors des festivités du Nouvel An, avec des projections d’images des nouveaux billets et pièces sur la façade de la Banque nationale bulgare à Sofia.

Les experts locaux estiment que l’introduction de l’euro réduira les risques de change et les coûts de transaction, tout en soulignant qu’elle ne constitue pas une solution miracle. L’économiste Stefan Rumenov a déclaré que l’euro « ouvre des portes et crée des opportunités, mais les réformes structurelles, l’augmentation de la productivité et l’éducation sont les facteurs qui apportent de réels bénéfices », qualifiant l’euro de « simple outil ».

Des inquiétudes subsistent quant à la capacité des personnes âgées, en particulier dans les zones rurales et isolées, à s’adapter à la nouvelle monnaie. Le cas de Darzhava, un village isolé comptant une soixantaine de retraités sans distributeur automatique de billets ni possibilité de paiement par carte, illustre ces difficultés potentielles.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.