Home Divertissementaprès avoir disparu pendant des siècles, pourquoi le castor revient dans nos cours d’eau

après avoir disparu pendant des siècles, pourquoi le castor revient dans nos cours d’eau

by Antoine Girard

Publié le 30 novembre 2025 à 06h36. Après avoir disparu pendant plusieurs siècles, le castor fait son grand retour dans le Nord de la France, un signe encourageant pour la biodiversité locale, notamment le long du canal de Roubaix.

  • Le castor européen, originaire de Belgique, recolonise le département du Nord.
  • Des caméras de surveillance et des analyses génétiques permettent d’étudier sa progression.
  • Son retour a des effets positifs sur l’écosystème, mais peut poser des problèmes pour la sylviculture.

Le canal de Roubaix, véritable écrin de verdure reliant les bassins de la Deûle et de l’Escaut, est devenu le théâtre d’un retour inattendu : celui du castor européen. Après avoir été chassé jusqu’à la disparition au XVIe siècle pour sa peau et ses glandes utilisées en parfumerie, l’espèce refait surface, témoignant d’une biodiversité en regain. Les troncs d’arbres fraîchement coupés, jonchant les berges, sont la preuve tangible de son activité.

« En y regardant de plus près, on voit bien que ça a été coupé par le castor », explique Sophie Wrobel, coordonnatrice d’études biodiversité pour la Métropole européenne de Lille (MEL). « On le reconnaît à ses traces de dents. Il a quatre puissantes incisives qui lui permettent de ronger l’écorce des arbres et de les sectionner pour faire son stock. »

Traces de dents de castor sur un tronc d’arbre.

L’étude de la population de castors est assurée grâce à des caméras discrètement installées le long du canal. Un premier individu avait été observé en 2019, mais c’est en 2023 qu’un couple a été identifié par les spécialistes. Depuis, quatre jeunes castors sont nés. L’Office français de la biodiversité (OFB) a réalisé des prélèvements génétiques pour déterminer l’origine de ces nouveaux arrivants.

« On a pu voir que les castors que l’on trouve dans le département du Nord sont tous issus d’une même lignée venue de Belgique, où ils sont réapparus il y a une vingtaine d’années », précise David Turla, agent de l’OFB du Nord. « C’est pour ça qu’on les trouve surtout sur la zone frontalière aujourd’hui, mais je pense que dans quelques années, on les trouvera un peu plus à l’intérieur des terres. » Les jeunes castors, une fois matures, quittent la colonie d’origine pour établir leur propre territoire à quelques kilomètres de distance.

Un castor sur les rives du canal de Roubaix.

Pour l’heure, il est difficile d’évaluer précisément la taille de la population de castors dans les Hauts-de-France. L’OFB confirme cependant que l’espèce est bien implantée et se reproduit. Ce retour est perçu comme une bonne nouvelle par les spécialistes, car les activités du castor contribuent à l’amélioration de l’écosystème. En éclaircissant la végétation et en régulant l’écoulement de l’eau, il favorise l’installation d’espèces plus rares.

Les constructions des castors, appelées « chantiers de castors », sont parfois perçues comme des nuisances. « On peut avoir l’impression que ça va créer des inondations mais en fait en ralentissant les rivières, il permet d’éviter la violence des crues », assure Sophie Wrobel. Les seuls inconvénients notables concernent l’agriculture, en particulier la sylviculture, car les castors peuvent endommager les plantations de conifères (pins, sapins).

Bien que la population de castors continue de croître dans les Hauts-de-France, il faudra faire preuve de patience pour apercevoir cet animal discret, qui devrait progressivement étendre son territoire jusqu’à l’Aisne dans les années à venir.

Avec Marie-Noëlle Grimaldi

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