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Armée israélienne bombarde banlieue sud de Beyrouth, 3 morts

L'armée israélienne a frappé la banlieue sud de Beyrouth ce dimanche 14 juin 2026, tuant au moins trois personnes à Ghobeiry. Cette offensive répond à trois drones lancés depuis le Liban vers Israël. Parallèlement, l'incertitude plane sur la…

Frappes sur la Dahiyé et échanges de drones
L’armée israélienne a frappé la banlieue sud de Beyrouth ce dimanche 14 juin 2026, tuant au moins trois personnes à Ghobeiry. Cette offensive répond à trois drones lancés depuis le Liban vers Israël. Parallèlement, l’incertitude plane sur la signature d’un accord diplomatique entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit.

Frappes sur la Dahiyé et échanges de drones

Frappes sur la Dahiyé et échanges de drones

Le quartier de la Dahiyé, bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, a été le théâtre de nouveaux bombardements israéliens ce dimanche. Selon les informations rapportées par France 24, la défense civile libanaise a confirmé que trois corps ont été dégagés des décombres à Ghobeiry, tandis que six blessés ont été hospitalisés.

L’opération s’inscrit dans une logique de représailles immédiates. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont affirmé dans un communiqué conjoint que ces frappes répondaient aux tirs du Hezbollah vers le territoire israélien.

« Israël ne tolérera aucune attaque sur son territoire »
Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël

L’armée israélienne a précisé que trois drones tirés depuis le Liban ont frappé son sol, dont un impact identifié à proximité de la frontière. Bien qu’aucune victime ne soit à déplorer côté israélien, la tension monte d’un cran. Deux ministres d’extrême droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, ont d’ailleurs exigé une application ferme de la « doctrine de Dahiyeh », appelant à la démolition de bâtiments entiers en réponse à chaque drone.

L’escalade ne se limite pas à la capitale libanaise. Le colonel Avichay Adraee a publié sur X deux ordres d’évacuation visant une trentaine de villages dans le sud du Liban, notamment au nord du fleuve Zahrani, signalant des frappes imminentes contre la milice chiite.

L’incertitude diplomatique entre Téhéran et Washington

L'incertitude diplomatique entre Téhéran et Washington
Photo: RFI

Alors que les combats s’intensifient, un fossé s’est creusé entre les discours de la Maison Blanche et la réalité du terrain à Téhéran. Le président Donald Trump s’est montré convaincu qu’un terrain d’entente serait trouvé ce dimanche pour mettre fin à la guerre qui dure depuis le 28 février.

Cependant, franceinfo rapporte que l’agence iranienne Fars, proche des conservateurs, dément toute décision imminente.

« La République islamique d’Iran n’a pas encore pris ni annoncé sa décision finale concernant le protocole d’accord proposé lors des négociations »
Source informée proche de l’équipe de négociation iranienne, via l’agence Fars

Le blocage semble venir d’une opposition interne radicale. Des ultraconservateurs iraniens s’opposent à des concessions stratégiques, particulièrement sur le contrôle du détroit d’Ormuz, que l’Iran bloque de facto depuis le début des hostilités.

Pour tenter de débloquer la situation, une délégation qatarie est arrivée dimanche à Téhéran. Selon les agences Isna et Tasnim, un conseiller du ministre des Affaires étrangères du Qatar a été dépêché pour « examiner les derniers développements liés au processus diplomatique ». Le Qatar agit ici comme médiateur, aux côtés du Pakistan, pour tenter d’extraire les deux puissances d’une impasse qui nourrit l’instabilité régionale.

Le maintien du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée

IMAGES L'armée israélienne bombarde le sud de Beyrouth

Face à l’imprévisibilité du front, la France maintient sa capacité de projection navale. Malgré des rumeurs sur un retour imminent du porte-avions Charles-de-Gaulle à Toulon pour maintenance, l’état-major des Armées a fermement démenti tout départ.

« Le Charles-de-Gaulle reste sur zone jusqu’à nouvel ordre. Aucune décision n’a été prise dans un autre sens »
Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées

Cette décision souligne la priorité donnée aux impératifs militaires sur le calendrier technique. Si tout bâtiment de la Marine nationale suit un plan de maintenance, Fabien Mandon a précisé que les échéances peuvent être retardées car « les contingences opérationnelles priment ». L’objectif est clair : garantir la liberté de navigation dans une zone où les tensions entre Israël, le Hezbollah et l’Iran menacent les flux maritimes mondiaux.

L’impact collatéral sur le patrimoine mondial à Tyr

L’intensification des frappes israéliennes ne touche pas seulement les cibles militaires. Le 8 juin dernier, la ville antique de Tyr, située à environ vingt kilomètres de la frontière, a subi des dommages importants.

D’après RFI, un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco a été touché. Des débris sont tombés sur un vaste périmètre, endommageant des colonnes, des chapiteaux et des mosaïques romaines. Un bureau administratif du site a également été frappé.

Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban, a qualifié cet événement de « plus grand dommage au site depuis le début de la guerre ». Cette situation illustre la vulnérabilité des sites culturels, dont plus de 70 bénéficient d’une protection renforcée provisoire de l’Unesco depuis la fin du précédent conflit en 2024.

Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a lancé un appel pressant pour éviter de cibler ces vestiges, rappelant que les ruines de Tyr appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. Pour l’heure, le danger persiste et empêche les experts d’accéder à la zone pour une évaluation complète.

L’enjeu des prochaines heures repose désormais sur la capacité de la délégation qatarie à transformer les discussions de Téhéran en un accord tangible. Sans cela, la doctrine de destruction massive évoquée par les ministres israéliens pourrait s’étendre davantage à la banlieue de Beyrouth.

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L'impact collatéral sur le patrimoine mondial à Tyr
Photo: France 24

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.