Le comédien et metteur en scène Arnaud Denis s’est fait euthanasier le mardi 22 septembre 2026 en Belgique à l’âge de 43 ans. Il souffrait d’un état d’invalidité sévère et de douleurs chroniques intenses consécutives à l’implantation d’une prothèse anti-hernie en polypropylène posée en juillet 2023.
La figure du théâtre français, saluée pour ses mises en scène telles que Les Liaisons dangereuses et Les Femmes savantes — couronnée par le prix du Brigadier — s’est éteinte à Namur, entourée de ses proches, après trois années d’une dégradation physique profonde. Sa santé s’est progressivement détériorée à la suite d’une intervention chirurgicale de routine pour une hernie de l’aine droite pratiquée le 17 juillet 2023, marquant le début de ce qu’il a qualifié de descente aux enfers.
Un calvaire médical et le recours à l’euthanasie en Belgique
J’en ai fini avec la maltraitance médicale (… ) J’ai tenu, coûte que coûte, pendant trois ans de souffrances atroces. À présent je rends les armes. C’est mon droit. En tout cas en Belgique.
Photo: Le Parisien
Arnaud Denis, dans un message publié sur les réseaux sociaux
L’artiste a également fait face à de multiples complications diagnostiquées au fil des mois, dont un syndrome ASIA, caractérisé par une réaction inflammatoire immunitaire liée à un adjuvant prothétique, ainsi qu’une encéphalomyélite myalgique, un syndrome de fatigue chronique invalidant. En avril 2024, aucun spécialiste en France n’étant en mesure d’intervenir, il avait dû subir le retrait de son implant lors d’une opération coûteuse aux États-Unis. Malgré cette ablation, ses troubles s’étaient aggravés, le contraignant à abandonner sa carrière artistique.
Le combat judiciaire autour du collectif des victimes de prothèses de hernie
Au-delà de son parcours artistique, Arnaud Denis s’était engagé publiquement pour défendre les patients touchés par des complications similaires. Il avait fondé l’association et le groupe Victimes françaises de prothèses de hernie, rassemblant des centaines de témoignages sur les réseaux sociaux. Sur le plan pénal, il avait déposé le 5 janvier 2026 une plainte contre X pour blessures involontaires auprès du pôle de santé publique de Paris.
Photo: Le Figaro
Cette plainte a cependant été classée sans suite fin août pour infraction insuffisamment caractérisée par le parquet de Paris. Celui-ci a estimé dans sa notification que, malgré une chronologie suspecte, l’absence de lien de certitude scientifique exigé par le droit pénal empêchait de poursuivre le fabricant ou les chirurgiens. Une décision qui avait profondément révolté le comédien, lequel avait confié peu avant sa disparition se sentir piétiné par le système.
L’action en justice relancée par Me Philippe Courtois
Déterminé à ne pas clore le dossier malgré la disparition du comédien, son conseil Me Philippe Courtois a immédiatement contesté le classement sans suite. Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 18 septembre afin d’obtenir l’ouverture d’une instruction judiciaire officielle, estimant que l’affaire s’apparente à un scandale sanitaire d’envergure.
Ce que l'on sait de l'euthanasie en Belgique du comédien français Arnaud Denis
De son côté, l’avocat du collectif Me Pierre Debuisson dénonce un scandale sanitaire naissant mais hors norme, évaluant à plus de 200.000 le nombre d’interventions de ce type réalisées chaque année en France, dont une proportion estimée entre 5 et 20 % entraînerait des effets secondaires indésirables durables. Face au vide institutionnel et au silence qu’il reproche au corps médical et à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le collectif entend bien maintenir la pression judiciaire et porter la voix des patients oubliés.
Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.