Une rare observation réalisée au large de la Gold Coast en Australie documente pour la première fois une femelle de baleine à bosse restant de longues heures auprès de son petit mort-né. Publiée en septembre 2026, cette recherche questionne les scientifiques sur l’existence d’un comportement de deuil chez les grands cétacés.
Une observation sous-marine inédite au large de la Gold Coast
L’événement s’est déroulé au cours d’un mois de juillet au large des côtes de l’Australie, à environ un kilomètre de Palm Beach Reef. Un capitaine de bateau de sauvetage de la Sea World Foundation, Andrew Mulville, s’est rendu sur place après des signalements de riverains inquiets face au comportement inhabituel de deux grands cétacés en eaux peu profondes.
Sur les lieux, le sauveteur a constaté que les baleines n’étaient ni blessées ni empêtrées, mais qu’une enveloppe amniotique flottait à la surface. En plongeant une caméra GoPro sous la surface de l’eau, il a filmé une scène bouleversante : une jeune femelle de baleine à bosse accompagnée d’un congénère « escorte » plongeait à répétition pour rejoindre un nouveau-né gisant sans vie sur le fond marin.
Andrew Mulville a indiqué qu’à première vue, il pensait qu’il s’agissait simplement de deux baleines se reposant à la surface, mais que leur comportement était inhabituel. Andrew Mulville, Sea World Foundation
Un comportement d’attention post-mortem documenté chez les mysticètes
Les images et les observations recueillies ont fait l’objet d’une étude scientifique cosignée par le docteur Olaf Meynecke, chercheur au sein du programme de recherche sur les baleines et le climat de l’Université Griffith. Les travaux ont été publiés dans la revue scientifique Discover Animals.
Selon l’étude dirigée par le docteur Olaf Meynecke, il s’agit de la première description scientifique détaillée d’une mère baleine à bosse prodiguant des soins post-mortem à son petit décédé. L’adulte a passé plusieurs heures, et potentiellement des jours, à rester aux côtés du nouveau-né, le touchant délicatement avec sa tête et ses nageoires pectorales tout en maintenant un contact visuel rapproché.
Les chercheurs soulignent que les deux animaux ont complètement suspendu leurs activités normales de déplacement ou de socialisation pour demeurer sur place. Bien que de tels comportements d’attention post-mortem aient déjà été observés chez des cétacés à dents comme les orques — à l’instar de Tahlequah, célèbre pour avoir porté son petit mort durant dix-sept jours en 2018 —, ils n’avaient encore jamais été documentés de cette manière chez les mysticètes.
La question délicate de l’interprétation des émotions animales
S’il est scientriquement impossible de mesurer avec certitude l’état émotionnel exact des cétacés, cette recherche met en lumière l’intensité des liens maternels au sein de ces espèces socialement complexes. Olaf Meynecke a rappelé que d’autres mammifères non humains, tels que les éléphants ou les grands singes, font l’objet d’observations similaires lors de la perte de leurs petits, bien que de telles scènes demeurent extrêmement rares en milieu marin.
La docteure Vanessa Pirotta a souligné que ce que nous pouvons faire, c’est apprendre des observations, et que c’est exactement l’objet de la science. Dr Vanessa Pirotta, marine scientist
L’étude n’exclut pas non plus que ces réactions puissent provenir d’une confusion ou d’un instinct de maternage activé par le choc de la perte, la mère n’ayant pas tenté de ramener le corps à la surface, ce qui suggère qu’elle avait conscience du décès.