Les investisseurs canadiens à la recherche de rendements supérieurs à ceux de l’indice boursier global ont désormais de nouvelles options, au-delà des stratégies traditionnelles axées sur la qualité, la valeur ou l’effet de levier classique. Des fonds négociés en bourse (FNB) à effet de levier léger, récemment lancés, offrent une alternative intéressante pour amplifier potentiellement les gains.
L’ETF iShares Core Equity (TSX :), un fonds tout-en-un populaire, est souvent considéré comme une option agressive pour les investisseurs canadiens, avec une répartition diversifiée comprenant environ 45 % d’actions américaines, 25 % de titres canadiens, 20 % d’actions internationales développées et 5 % de marchés émergents, le tout pour des frais de gestion (RFG) de seulement 0,20 %. Pour espérer surpasser ce fonds, les investisseurs se tournaient généralement vers des stratégies de sélection de titres basées sur des facteurs spécifiques ou vers l’utilisation de comptes sur marge.
Ces nouveaux FNB à effet de levier léger proposent une exposition de 1,25 à 1,33 fois la valeur de l’indice sous-jacent. Contrairement aux produits à effet de levier plus important (2x ou 3x) qui reposent sur des swaps et nécessitent une réinitialisation quotidienne, ces fonds empruntent directement à des taux institutionnels, ce qui les rend plus adaptés à une détention à long terme et éligibles à la marge.
Deux FNB se distinguent particulièrement : le Global X All-Equity Enhanced Allocation ETF (HEQL) et le Hamilton Enhanced Mixed Asset ETF (MIX). Selon certaines analyses, ces fonds pourraient surpasser l’ETF iShares Core Equity à long terme, à condition que les investisseurs soient prêts à accepter un niveau de volatilité légèrement plus élevé et des frais de gestion plus importants.
Le FNB Global X All-Equity Enhanced Allocation (HEQL) détient le FNB Global X All-Equity (TSX 🙂 et emprunte 25 % supplémentaires de sa valeur liquidative, pour une exposition totale de 125 %, soit un effet de levier de 1,25x. Sa composition est similaire à celle de l’ETF iShares Core Equity, mais avec une plus forte pondération des actions de croissance américaines à grande capitalisation : environ 34 % de grandes capitalisations américaines, 26 % d’actions internationales développées, 21 % de titres canadiens, 8 % de marchés émergents, 7 % de Nasdaq 100 et 4 % de petites capitalisations américaines. Le RFG s’élève à 1,46 %, incluant le coût de l’emprunt, qui est généralement inférieur aux taux offerts aux investisseurs individuels via la marge de courtage. Un ratio des frais d’opérations de 0,05 % s’ajoute à ce coût. Bien que les actifs sous gestion de HEQL soient actuellement modestes (9,5 millions de dollars), son fonds sous-jacent, HEQT, est bien capitalisé avec environ 290 millions de dollars d’actifs. HEQL distribue également ses revenus mensuellement, avec un rendement annualisé actuel d’environ 1,89 %.
Le FNB Hamilton Enhanced Mixed Asset (MIX) se distingue par son approche innovante de l’allocation d’actifs, basée sur la théorie moderne du portefeuille. Cette théorie suggère qu’en combinant des actifs non corrélés, mais volatils, les investisseurs peuvent améliorer les rendements ajustés au risque. MIX alloue 60 % aux actions, 20 % aux bons du Trésor américain à long terme et 20 % à l’or, le tout via des FNB à faible coût. Un effet de levier de 1,25x est ensuite appliqué, ce qui donne une exposition effective de 75 % aux actions, 25 % aux bons du Trésor et 25 % à l’or. Cette stratégie vise à obtenir des rendements similaires à ceux des actions, mais avec une volatilité globale moindre. MIX gère l’allocation et l’effet de levier de manière automatisée, ce qui le rend facile à utiliser pour les investisseurs particuliers.
MIX a moins d’un an d’existence et ne dispose pas encore de RFG publié. Les frais de gestion sont actuellement nuls jusqu’au 30 avril 2026, après quoi ils devraient atteindre 0,35 %, auxquels s’ajouteront les coûts d’emprunt, probablement dans une fourchette similaire à celle de HEQL.
Pour que ces FNB surpassent l’ETF iShares Core Equity, deux conditions essentielles doivent être remplies : une poursuite de la croissance des marchés boursiers, soutenue par l’expansion des multiples, la croissance des bénéfices et le rendement pour les actionnaires (dividendes et rachats d’actions), et une tendance à la baisse des taux d’intérêt, ce qui réduirait les coûts d’emprunt pour MIX et HEQL.
Entre les deux, MIX semble être l’option la plus équilibrée, grâce à l’inclusion d’or et de bons du Trésor à long terme, qui offrent une diversification basée sur différentes forces structurelles. L’or a tendance à bien performer en période d’inflation ou de tensions géopolitiques, tandis que les bons du Trésor ont tendance à rebondir en période d’aversion au risque. HEQL, en revanche, offre une exposition pure aux actions à effet de levier, ce qui peut amplifier les rendements, mais aussi augmenter le risque de pertes en cas de repli des marchés. Il est important de souligner que ces stratégies comportent un risque élevé et qu’une exposition à 125 % amplifie la volatilité d’un portefeuille composé à 100 % d’actions.
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