Arrivée fin août 2026 sur BFMTV après son départ de CNews, Sonia Mabrouk suscite déjà de vives tensions en interne. Deux syndicats et la société des journalistes de la chaîne d’information s’inquiètent de la ligne éditoriale de sa nouvelle émission et des choix d’invités jugés trop marqués à droite.
Les premiers numéros de Sonia Mabrouk visés par les syndicats de RMC BFM
Les débuts de l’animatrice sur sa nouvelle antenne font déjà des vagues. À peine installée pour présenter sa nouvelle émission diffusée de 18h45 à 21h00, le transfert de CNews Sonia Mabrouk se retrouve sous le feu des critiques de sa propre rédaction. Dès le mercredi 26 août 2026, les syndicats SNJ et CGT du groupe RMC BFM ont publié un communiqué commun au vitriol.
Selon ces organisations syndicales, les premiers numéros diffusés depuis le lundi 24 août ressemblent à un défilé de personnalités d’extrême droite
. Ils reprochent ouvertement à la direction de la chaîne de faire preuve de complaisance, estimant que la présentatrice importe la ligne CNews pendant que les responsables regardent ailleurs.
La société des journalistes de BFMTV alerte sur l’équilibre des plateaux
La fronde ne vient pas seulement des syndicats. La société des journalistes de BFMTV est également intervenue en interne pour faire part de son inquiétude, pointant du doigt la sélection des invités alors que le pays entre progressivement dans la période électorale présidentielle. La SDJ a ainsi rappelé dans un message interne qu’il n’est pas question que la chaîne devienne une pâle copie d’une chaîne d’opinion.
Parmi les profils qui ont cristallisé les tensions figurent l’entrepreneure Sophie de Menthon, invitée dès le premier jour, et l’essayiste Céline Pina, présente le lendemain. La présence de la première a ravivé des polémiques passées, tandis que la seconde, ancienne intervenante de CNews, s’est récemment illustrée par des publications contestées. Les syndicats ont également protesté contre la programmation future du maire divers droite de Béziers, Robert Ménard, prévu pour intervenir vingt minutes chaque dimanche sans contradicteur.
La riposte de la présentatrice sur l’antenne de France Inter
Invidée de la matinale de France Inter le jeudi 27 août, Sonia Mabrouk a répondu directement aux contestations de ses collègues. Interrogée par Benjamin Duhamel, elle a affirmé qu’elle préférait l’attention à l’indifférence et les conversations franches à la couardise, tout en minimisant la portée d’un tel communiqué syndical.

Je crois que je ne suis pas la première à avoir eu un communiqué cinglant de la SDJ.
Sonia Mabrouk, animatrice sur BFMTV, via Le HuffPost
Concernant le choix de ses invités, la présentatrice défend une vision axée sur la liberté éditoriale et le pluralisme des points de vue. Elle a ainsi assumé la venue de Sophie de Menthon et de Céline Pina, expliquant qu’elle se positionnait en garante sur le plateau si des propos venaient à choquer. Alors que la rédaction affirme que la direction a reconnu des erreurs et promis de ne plus faire appel à d’anciens chroniqueurs de CNews, l’animatrice a tenu à nuancer ces propos, insistant sur son attachement à la liberté de choix des intervenants pour faire vivre le débat démocratique.
Entre audiences solides et recherche d’un équilibre politique
Ces frictions internes interviennent dans un contexte d’audiences initiales jugées très satisfaisantes par la direction. L’émission a rassemblé 375.000 téléspectateurs en moyenne le premier jour, puis 363.000 le lendemain, des scores supérieurs aux habitudes de la case horaire sur la chaîne. S’exprimant auprès de l’AFP, la direction s’est dite ravie de ces débuts et a exprimé sa totale confiance en l’animatrice pour faire vivre le débat dans sa pluralité.
Pour apaiser les inquiétudes au sein de la rédaction, la société des journalistes (SDJ) de BFMTV a indiqué qu’elle cherchait une personnalité politique de gauche capable de contrebalancer la présence régulière de Robert Ménard lors des rendez-vous dominicaux.