Publié le 7 octobre 2024 17:28:00. L’Argentine est confrontée à une crise économique aiguë, marquée par une inflation persistante, une dépréciation du peso et une dépendance croissante vis-à-vis d’une aide financière extérieure, notamment des États-Unis. La situation politique interne, fragilisée, pourrait être influencée par les enjeux géopolitiques liés aux relations avec la Chine et les États-Unis.
- L’inflation dans la ville de Buenos Aires a atteint 2,2 % en septembre, accélérant la tendance haussière.
- Le gouvernement Milei sollicite activement un soutien financier des États-Unis, mais cette démarche affaiblit sa crédibilité.
- JP Morgan a retiré l’Argentine de son indice de dette émergente, signalant une détérioration du risque pays.
La situation économique argentine se détériore rapidement, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des ménages. De nombreux Argentins peinent à joindre les deux bouts, certains ne pouvant plus faire leurs courses au-delà du 10ème jour du mois. L’endettement des familles est en augmentation constante, témoignant d’une crise profonde et généralisée. Le ministre de l’Économie, Luis Caputo, multiplie les appels à l’aide auprès des États-Unis pour combler les déficits macroéconomiques, mais cette stratégie est perçue comme un aveu d’échec et fragilise davantage la position du gouvernement.
Parallèlement à ces difficultés économiques, des enjeux géopolitiques complexes entrent en jeu. La promesse de relance financière de l’administration de Donald Trump est perçue comme un atout stratégique pour les États-Unis dans leur rivalité avec la Chine. Des spécialistes interrogés par Pagina/12 estiment que cette situation pourrait compromettre la souveraineté argentine. La visite récente de l’équipe économique argentine à Washington, menée par Luis Caputo, n’a pour l’instant abouti qu’à un engagement de poursuivre les discussions en vue d’une éventuelle aide financière.
Sur le marché des changes, le dollar officiel a ouvert à 1405 pesos pour l’achat et 1455 pesos pour la vente. Le dollar “bleu” (marché noir) se négocie quant à lui à 1430 pesos pour l’achat et 1450 pesos pour la vente. La Banque Centrale a dû intervenir sur le marché pour tenter de contenir artificiellement le taux de change avant les élections législatives, mais cette intervention est perçue comme un signe de fragilité du programme économique.
Les prévisions économiques ne sont pas rassurantes. La dernière enquête sur les attentes du marché (REM) publiée par la Banque Centrale prévoit une inflation supérieure à 2 % par mois au moins jusqu’à l’année prochaine, une nouvelle hausse du taux de change et une croissance économique inférieure à 4 %. Ces perspectives sombres alimentent l’incertitude et la volatilité sur les marchés financiers.
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