Le président Duma Boko a salué, le 28 mai 2026 à Gaborone, la solidité des relations diplomatiques entre le Botswana et la Belgique. Lors d’un entretien avec l’ambassadeur Paul Jansen, le chef d’État a souligné l’importance cruciale du partenariat belge, initié en 1975, pour le développement de l’industrie diamantaire nationale.
L’axe Anvers-Gaborone et la valeur ajoutée des diamants
Le cœur battant de la relation entre Gaborone et Bruxelles réside dans le secteur minier. Selon un rapport de AllAfrica, le président Boko a décrit ce partenariat comme instrumental pour la croissance du secteur des diamants au Botswana, s’appuyant largement sur l’écosystème industriel d’Anvers.

L’enjeu pour le Botswana ne se limite plus à l’extraction. Le pays cherche activement à remonter la chaîne de valeur. Le soutien de la Belgique a été déterminant pour promouvoir la valeur ajoutée locale, notamment à travers la taille, le polissage et la traçabilité des pierres précieuses. Cette stratégie vise à transformer une richesse brute en un moteur économique durable et technologique.
« La relation a été fluide et a apporté une coopération positive dans l’agriculture et l’espace diplomatique. »
Président Duma Boko
L’ambassadeur Paul Jansen, au terme de son mandat de quatre ans, a rappelé que la coopération entre les deux nations demeure mutuellement bénéfique. Pour le Botswana, Anvers n’est pas seulement un centre de commerce, mais un pont vers les marchés mondiaux et un vecteur de transfert de compétences.
Coopération éducative et jumelage Francistown-Genk
Au-delà des minerais, la diplomatie botswanaise mise sur le capital humain. Comme le rapporte DailyNews, le président Boko a exprimé sa gratitude pour les opportunités de formation offertes aux étudiants et professionnels botswanais en Belgique. Ces échanges académiques et techniques renforcent les liens structurels entre les deux États.

L’influence belge se manifeste également au niveau municipal. Le jumelage entre la ville de Francistown et la ville belge de Genk est cité comme un exemple de partenariat croissant qui profite aux deux collectivités. Ce type de coopération décentralisée permet un partage d’expériences urbaines et économiques loin des circuits diplomatiques traditionnels.
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Un modèle de stabilité en Afrique australe
L’importance de ces alliances internationales s’explique par la position singulière du Botswana. Ancien protectorat britannique devenu indépendant en 1966, le pays s’est imposé comme un État démocratique prospère et pacifique. Selon Britannica, le Botswana est aujourd’hui un membre influent de l’Union africaine (AU) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), dont le secrétariat est basé à Gaborone.
L’économie, bien que dépendante des mines, affiche des indicateurs solides pour la région :
- RND per capita (2024) : 7 750 USD.
- Population estimée (2025) : 2 471 000 habitants.
- Projection démographique (2030) : 2 742 000 habitants.
- Taux d’urbanisation (2024) : 73,5 %.
Cette stabilité institutionnelle attire les investisseurs et facilite des relations diplomatiques de longue date, comme celle avec la Belgique, qui s’étend sur plus de cinquante ans.
Défis infrastructurels et enjeux de sécurité
Malgré son succès économique, le Botswana présente des contrastes marqués, notamment pour ceux qui s’aventurent hors des centres urbains. L’accès aux zones sauvages, comme le delta de l’Okavango ou la région de Chobe, reste un défi logistique majeur.
D’après Lonely Planet, la location de véhicules 4×4 équipés de tentes de toit est presque indispensable pour explorer l’intérieur du pays. Ces véhicules, proposés par des agences comme Bushtrackers, coûtent généralement 150 dollars américains (US$150) par jour. L’état des routes, souvent dégradé et ponctué de nids-de-poule, impose une prudence extrême et une planification rigoureuse.
La sécurité urbaine constitue un autre point de vigilance. Les rapports de CountryReports signalent que la criminalité opportuniste est une préoccupation réelle. Les autorités et les guides de voyage mettent en garde contre les vols à l’arraché et les « vols avec bris de glace » visant les véhicules.
Certaines zones de Gaborone, notamment près du barrage de Gaborone et de la colline Kgale, font l’objet d’une vigilance accrue en raison d’un nombre élevé d’incidents criminels. Ces réalités contrastent avec l’image d’Éden sauvage et paisible souvent vendue aux touristes, rappelant que le développement économique ne gomme pas instantanément les défis sociaux et sécuritaires.
L’avenir des relations botswanaise-belges dépendra désormais de la capacité du successeur de Paul Jansen à maintenir cet équilibre entre coopération industrielle lourde et échanges humains. Pour le gouvernement de Duma Boko, la Belgique reste un partenaire stratégique pour diversifier une économie encore trop dépendante de l’extraction minière.