Publié le 26 octobre 2023 14:35:00. Romain Bardet, figure emblématique du cyclisme sur route, s’engage sur une nouvelle voie : le gravel. L’ancien coureur du Tour de France participera aux Championnats du monde de gravel ce dimanche aux Pays-Bas, une discipline qu’il découvre à peine mais qui lui offre une nouvelle liberté.
Romain Bardet aborde les Championnats du monde de gravel UCI ce dimanche aux Pays-Bas avec une perspective unique : celle d’un ancien spécialiste de la route qui se lance à l’aventure sur un terrain nouveau. Après avoir envisagé la retraite l’an dernier, le coureur français a prolongé son contrat avec l’équipe Picnic-Poste-nL jusqu’en 2025, ouvrant la voie à cette transition inattendue.
Bardet, qui n’a commencé à s’entraîner spécifiquement pour le gravel qu’il y a neuf semaines, reconnaît être encore novice dans cette discipline. Il compare cette nouvelle expérience à ses 14 années passées dans le peloton professionnel, qu’il a quitté en juin dernier. Il avait initialement prévu de disputer son 18e et dernier grand tour, le Tour d’Italie, avant de prendre sa retraite au Critérium du Dauphiné. C’est la fin de sa carrière sur route qui a rendu possible cette nouvelle orientation.
« C’est une discipline qui m’intéresse beaucoup, mais j’ai dû attendre de m’arrêter vraiment sur la route pour m’en rendre compte », a expliqué Bardet à Actualités du cyclisme lors de son déplacement de France vers les Pays-Bas.
Romain Bardet
L’ancien grimpeur a été surpris par l’intensité physique requise pour être compétitif en gravel. Il souligne que même les coureurs issus du WorldTour ne sont pas toujours les plus forts dans cette discipline.
« Lors des dernières courses que j’ai faites, même les gars du WorldTour figuraient dans le top 10. Mais parfois, ils n’étaient pas les plus forts du peloton, vous savez. Donc c’est quand même un peu différent. »
Romain Bardet
Bardet avait initialement espéré que les Championnats du monde de gravel se déroulent en France, à Nice, en 2025. Suite au changement de lieu vers les Pays-Bas, il a décidé de poursuivre son projet de se lancer dans le gravel, en cherchant à se qualifier ou à obtenir une invitation de la fédération nationale.
Son équipe lui a apporté un soutien précieux dans cette transition.
« J’ai eu vraiment de la chance de faire partie d’une si bonne équipe qui comprend vraiment mes besoins. Ces dernières années, j’ai pensé à la retraite. Alors, quand j’ai appelé mon directeur d’équipe, Iwan Spekenbrink, pour savoir si ou non faire 2025, ils m’ont vraiment fait un super programme pour courir un Giro supplémentaire et terminer ma carrière où je voulais au Dauphiné, puis changer et rouler pour l’équipe sur terre. »
Romain Bardet
Cette flexibilité lui a permis de participer à plusieurs épreuves qualificatives, avec un succès notable : deux victoires en quatre courses (La Monsterrato en Italie et 66 Degrés Sud-Le Gravel en France), ainsi qu’une 10e place à Gravel Grit ‘n Grind en Suède et une 5e place au Sea Otter Europe Girona.
Bardet a souligné la diversité des parcours de gravel, rappelant que La Monsterrato lui a évoqué une course classique, tandis que 66 Degrés Sud lui a rappelé les ascensions difficiles des grands tours.
« Celui des Pyrénées françaises en septembre, parfois des montées de six ou sept kilomètres, avec du dénivelé, ça me fait vraiment penser à une journée d’échappée pour remporter une étape d’un Grand Tour. On est vraiment tout seul face à des efforts de 25 ou 30 minutes. »
Romain Bardet
Connu pour son style offensif, qui lui a valu une victoire d’étape sur le Tour de France en 2024 et le maillot jaune, Bardet recherche désormais une nouvelle forme de liberté sur les chemins de gravel.
« Personnellement, vous savez, j’ai quitté la course sur route parce que je voulais avoir plus de liberté. Et je ne cours pas au niveau mondial pour des championnats. Aux Pays-Bas cette année, je suis heureux de venir. Je suis ici pour profiter de mon vélo. »
Romain Bardet
Le parcours des Championnats du monde de gravel, prévu ce dimanche dans le sud du Limbourg (180 km avec 1 650 mètres de dénivelé positif), devrait favoriser les coureurs capables de créer des écarts dans les montées. Bardet reconnaît que des coureurs comme Tom Pidcock et Tim Wellens seront des adversaires redoutables, mais il est déterminé à se battre et à profiter de cette nouvelle expérience.
Parmi les autres participants, le champion français Hugo Drechou, fort d’un palmarès impressionnant en gravel, sera également à surveiller. Bardet et Drechou se sont déjà affrontés sur route et sur terre, avec des duels acharnés et des victoires partagées.
Quant à savoir s’il continuera à courir sur terre l’année prochaine, Bardet se montre prudent.
« Oui, c’est une possibilité. Je veux dire, je n’ai commencé qu’en août de cette année et j’ai raté certains des plus grands événements. J’aimerais certainement en faire un peu plus, mais je ne considère pas cela comme une continuité de ma carrière, ou comme une deuxième. Je suis [ici] juste pour le plaisir. »
Romain Bardet
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