Publié le 20 décembre 2025 à 4h44. À une heure seulement de Tokyo, Kamakura séduit de plus en plus de voyageurs en quête d’authenticité et de charme, offrant une échappée pittoresque loin de l’effervescence de la capitale japonaise.
Inspirée par les images idylliques de ses tramways côtiers qui circulent sur les réseaux sociaux, j’ai visité Kamakura lors d’une excursion d’une journée organisée par Inside Japan, une agence spécialisée dans les voyages sur mesure pour les voyageurs indépendants. L’agence se charge de toute la logistique, permettant ainsi aux visiteurs de se concentrer pleinement sur la découverte de la région. Malgré mon expérience de Tokyo, je me suis rapidement perdu et ai dû faire appel au service de conciergerie d’Inside Japan, disponible 24h/24 et 7j/7, pour me remettre sur les rails, quoique tardivement.
J’avais volontairement évité de trop me renseigner sur Kamakura, souhaitant me laisser surprendre par les propositions d’Inside Japan. À mon arrivée, mon guide, Danne, originaire de Perth et résidant à Yokohama, m’attendait patiemment devant le temple Hase-dera, un parapluie à la main. Danne, également traductrice, assurait la communication avec notre guide japonais.
Ce dernier, un ancien producteur de télévision devenu moine, aime partager sa passion pour sa nouvelle demeure avec les visiteurs. Ses récits, accompagnés d’un sourire chaleureux, font écho aux expressions sereines des grandes statues Jizo qui nous accueillent à l’intérieur du temple.
Perché sur une colline boisée, le temple Hase-dera est particulièrement enchanteur sous la pluie fine. Les jardins, d’une beauté impeccable, évoquent un véritable paradis. On imagine aisément leur splendeur en juin, lorsque les hortensias sont en pleine floraison.
Nous suivons notre guide dans une grotte pour nous abriter de la pluie, un espace sacré où les fidèles prient pour seize divinités différentes, chacune associée à un aspect particulier de la vie – de la consommation d’alcool à la sécurité routière. Notre guide me propose d’allumer une bougie et je choisis le dieu de la prospérité financière, un choix populaire, comme en témoigne le grand nombre de bougies allumées devant lui.
En progressant sur la colline, nous découvrons une petite armée de statues de pierre miniatures, chacune représentant un être humain. Elles sont disposées avec soin le long d’un mur de pierre et nichées dans un jardin recouvert de mousse, baigné par le murmure de l’eau. Chaque statue porte un nom en japonais et témoigne d’une profonde signification. Notre guide explique qu’elles ont été déposées par des parents endeuillés, espérant la renaissance de leur enfant. La mousse symbolise, quant à elle, le soin apporté à la vie.
Le secret le mieux gardé du Hase-dera est sans doute la statue de Kannon. Installée dans un temple dédié au sein du complexe, cette statue dorée de 9,18 mètres a été découverte dans l’océan, recouverte de balanes. On pense qu’elle a dérivé depuis la préfecture de Nara, où se trouve un autre temple Hase-dera. Notre guide, toujours enthousiaste, chante un sutra bouddhiste pour moi et formule un vœu pour ma prospérité financière. À la fin du chant, je me suis secrètement souhaitée la paix dans le monde.
Nous quittons le temple pour nous diriger vers un café offrant une vue imprenable sur Kamakura. Les toits de la ville s’étendent à nos pieds, avec l’océan au loin, voilé par la pluie. Le café propose des pâtes végétaliennes aux champignons et du matcha, un carburant idéal pour explorer les autres trésors cachés de Kamakura : une paisible forêt de bambous abritant une maison de thé isolée, une imposante statue du Grand Bouddha qui a résisté au tremblement de terre de 1923 et une rue commerçante animée où l’on peut déguster de la cuisine de rue et du saké.
Au bout de la rue commerçante, nous arrivons à la station de tramway, où une dernière touche de « kawaii » nous attend : une statue de grenouille, symbole de l’espoir du retour des visiteurs. J’espère également, petit ami. J’espère également.