Publié le 2024-02-29 10:30:00. Presque unanimement soutenue aujourd’hui, la ceinture de sécurité a suscité de vives contestations lors de son introduction dans les années 1970. Une nouvelle enquête révèle l’évolution spectaculaire de l’adhésion des Norvégiens à cette mesure de sécurité routière.
- Près de 99 % des Norvégiens soutiennent aujourd’hui le port obligatoire de la ceinture de sécurité.
- Une campagne de Volvo et de Trygg Trafikk met en lumière l’évolution des mentalités en matière de sécurité routière.
- Malgré un fort consensus, le mauvais usage de la ceinture de sécurité reste un problème persistant.
Quarante ans après son introduction, la ceinture de sécurité est devenue une évidence pour la quasi-totalité des Norvégiens. Une enquête récente menée par Gallup, en collaboration avec Volvo et Trygg Trafikk, révèle que 99 % de la population soutient désormais le port obligatoire de cet équipement de sécurité. Un contraste saisissant avec les années 1970, où cette mesure avait déclenché une vague d’opposition.
À l’époque, les journaux étaient inondés de lettres de lecteurs contestant l’obligation du port de la ceinture, certains y voyant une atteinte à la liberté individuelle, d’autres craignant des risques liés à son utilisation. La campagne actuelle de Volvo et Trygg Trafikk vise à rappeler cette évolution des mentalités, soulignant que ce qui est initialement perçu comme controversé peut finir par s’imposer comme une norme de sécurité.
L’ingénieur Nils Bohlin, de Volvo, a inventé la ceinture de sécurité à trois points en 1959. Volvo a ensuite partagé le brevet avec l’ensemble de l’industrie automobile, contribuant ainsi à sauver, selon les estimations, plus d’un million de vies à travers le monde.
Malgré ce large consensus, Trygg Trafikk souligne que le problème du mauvais usage de la ceinture de sécurité persiste. Des enquêtes révèlent que 97 % des automobilistes portent leur ceinture de sécurité lors de leurs déplacements, mais un rapport récent de l’Administration nationale des routes indique que 36 % des 47 personnes décédées dans un accident de voiture, un camion ou un bus l’année dernière n’avaient pas bouclé leur ceinture ou ne l’avaient pas utilisée correctement. Selon ce rapport, neuf de ces décès auraient pu être évités si la ceinture avait été correctement portée.
« L’obligation de porter la ceinture de sécurité a évidemment sauvé de nombreuses vies. En 1975, cette mesure a rencontré une forte opposition, avec des arguments qui paraissent aujourd’hui totalement impensables. Ce type de résistance n’est pas unique lorsqu’il s’agit d’injonctions. Nous le reconnaissons dans les débats autour de l’interdiction de fumer et des exigences en matière de gilets de sauvetage. Aujourd’hui, nous discutons de la question de savoir si le port du casque à vélo devrait être obligatoire. Qui sait ce que nous en penserons dans 50 ans. L’histoire montre que les mentalités changent et qu’il faut oser les remettre en question. »
Christoffer Solstad Steen, responsable de la presse chez Trygg Trafikk
Nils Petter Strømmen, conseiller principal chez Kantar Media, souligne l’exceptionnalité du résultat de l’enquête :
« Il est très inhabituel d’obtenir un résultat de 99 % dans une enquête auprès de la population. De tels chiffres témoignent d’un sujet totalement incontesté, largement ancré dans tous les genres, âges et zones géographiques. Cela en dit long sur la façon dont la ceinture de sécurité est passée d’un sujet de contention à une bouée de sauvetage évidente. »
Nils Petter Strømmen, conseiller principal chez Kantar Media
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